Sarko, pas touche à nos retraites !

 

revolution_favicon.pngSARKO, PAS TOUCHE A NOS RETRAITES !

 

Le premier round a débuté. Le 12 avril Eric Woerth a reçu les organisations syndicales et patronales. Le 14 avril, le COR (le Conseil d'Orientation des Retraites) rendait ses conclusions. Deux enseignements à tirer : d'abord tout est dit et écrit pour faire peur, culpabiliser les salariés, leur répéter que l'heure est grave et que le déficit des retraites va se creuser pour atteindre des profondeurs abyssales. Ensuite, rien ne peut se discuter si ce n'est le rallongement du départ à la retraite et l'allongement de la durée de cotisations. C'est cela que le pouvoir a annoncé et imposé comme base de « négociation » aux dirigeants syndicaux, en plus d'un calendrier bien serré pour passer en force.


On doit combattre avant tout l'offensive idéologique et l'idée que les retraites sont un problème de démographie. Les politiques, les experts de tout poil et le MEDEF, relayés par de nombreux médias, veulent nous le faire croire : le nombre de retraités augmentant, l'espérance de vie également, il serait tout naturel de travailler plus longtemps.

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Gros mensonges et vérités


L'espérance de vie augmente, mais il est faux de faire croire qu'elle est la même pour tous. L'espérance de vie chez les hommes varie de 6 ans entre un ouvrier et un cadre. Ce qui est vrai, c'est qu'un ouvrier peut espérer vivre en bonne santé jusqu'à 59 ans, soit 10 ans de moins qu'un cadre.


On nous dit que le nombre d'actifs diminuant menace nos retraites.
Faux. En 1960, il y avait 4 actifs pour 1 retraité, en 2000, 2 actifs et en 2020, 1 actif pour 1 retraité. Ce qui est vrai, c'est que la productivité du travail est plus importante, les 2 actifs d'aujourd'hui produisent plus que les 4 de 1960.


Pour faire face aux difficultés, il faudrait retarder l'âge de départ à la retraite.
Faux. Au contraire, avec 5 millions de chômeurs, des millions de précaires, avant de faire travailler plus longtemps ceux qui ne veulent pas et ne peuvent plus, il est juste et urgent de faire travailler ceux qui le veulent et le peuvent. Un million d’emplois à plein temps supplémentaires représentent 20 milliards d’euros de cotisations vieillesse de plus en moyenne. Il faut exiger de travailler moins, mieux et de travailler tous, en réduisant le temps de travail à 32 heures avec obligation d'embauches.


Reculer l'âge de départ à la retraite permettrait de faire travailler plus longtemps les seniors.
Faux. Ce qui est vrai, c'est qu'aujourd'hui, au moment de la retraite, 6 salariés sur 10 sont sans emploi ou touchent des aides sociales. Si l'âge de la retraite est repoussé à 62 ans, une majorité des salariés de 60 ans à 62 ans vivra des Assedic ou du RSA.


Si on ne cotise pas plus longtemps, il n'y aurait pas suffisamment d'entrées d'argent pour les caisses de retraite.
Faux. De l'argent, il y en a. Ce qui est vrai c'est que si on avait gardé la répartition qui existait en 1980 entre capital et travail, il y aurait 171 milliards de plus qui seraient allés aux salaires. Et c’est chaque année que ce déséquilibre en faveur des capitalistes se maintient. Donc, en gros, 168 milliards de perdus pour les salariés en 2009 et plus de 170 milliards sûrement en 2010. Autant dire qu'il n'y a plus de problème de retraites et que seraient largement épongés les 8,2 milliards d'euros de déficit des caisses de retraite comme celui de la sécu, en prenant sur les profits pour augmenter tous les salaires de 300 euros net minimum.

 

Prendre aux profits pour profiter de nos retraites, diminuer et répartir le temps de travail, voilà les vraies mesures que le monde du travail, la jeunesse doivent porter dans la confrontation qui s'annonce. Notre retraite, on la veut à 60 ans, à taux plein, et à pas moins de 1500 euros net par mois. On se battra pour la garder !

 

Tract hebdo du NPA

Version du jeudi 15 avril 2010