Quel avenir pour l'AFPA ?


La situation de la formation professionnelle en France et celle de l’AFPA

D’un objectif formation centré sur la personne ( son projet, ses capacités, ses compétences ) nous sommes en train de passer à un objectif formation centré sur les besoins immédiats et locaux  de l’entreprise, à tel point d’ailleurs que le plus gros organisme de formation a été prié de se débarrasser de ses services d’orientation , dont les salariés , psychologues du travail, étaient un peu trop soucieux du besoin de l’individu….

Cela se traduit par
-    des parcours de formation  (très) raccourcis : pourquoi former un mécanicien alors que on a juste besoin d’un poseur de pot d’échappement ?
-    des dispositifs de formation uniquement basés sur les besoins du territoire : de l’hôtellerie dans le sud et des administratifs à Paris….
-    des formations éphémères : les besoins, souvent volatiles,  sont comblés en quelques mois donc aucun besoin d’un dispositif permanent….
-    des moyens financiers en forte régression

On devine les conséquences d’une telle politique sur le panorama de la formation professionnelle :
-    la fin des parcours dit qualifiants (débouchant sur un vrai diplôme) avec le leurre de la ‘formation tout au long de la vie’
-    la fin du choix de la filière par le bénéficiaire : obligation de se former dans sa région et aux métiers demandés par les entreprises de celle-ci sous peine de non financement
-    la fin de formation de qualité du fait notamment d’une précarisation du métier de formateur ( multiplication des formateurs CDD )
-    la fin d’une formation de qualité, par de vrais professionnels disposant des moyens pédagogiques nécessaires
-    la fin de la gratuité des formations, de la rémunération des stagiaires, des prix attractifs pour leur restauration ou leur hébergement.

Le monde de la formation est donc en pleine ébullition ; le plus gros organisme, l’AFPA, jusqu’ici principal acteur de la politique de l’emploi du gouvernement ( destiné aux demandeurs d’emploi ) se voit soumis à  la concurrence totale.

Faisant fi de son activité historique et donc de son savoir faire, l’état a décidé de soumettre l’AFPA à appel d’offre, l’obligeant à se battre sur un plan strictement financier avec les 52 000 organismes de formation répertoriés en France !!!!! L’état a même poussé le vice jusqu’à retirer l’agrément permanent dont bénéficiait l’AFPA , tel un vulgaire débutant.

Les conséquences risquent d’être désastreuses : outre la précarisation montante du métier de formateur et les gros risques de perte d’emploi de l’AFPA, c’est le sérieux des formations qui sera en question, alors que le contrôle de la qualité des formations dispensés par des organismes privés sera aléatoire.

Quant à l’intérêt pour l’individu lui-même, on se doute bien que le MEDEF , qui se cache derrière cette réforme cynique, n’en a cure…….

Isabelle Fichet de Clairfontaine (7/01/09)