Aujourd'hui Athènes, demain : Paris


La Grèce, l'Italie, la France ? Quel est le fil rouge qui relie ces trois pays d' Europe ? Sinon, un même mouvement de la jeunesse. Une même colère, une même révolte. Partout, les gouvernements s'attaquent à l'école publique, suppriment des milliers de postes d'enseignants, privatisent les universités. Partout, la jeunesse est abandonnée à la précarité et à l'absence d'avenir. Partout, elle est sacrifiée sur l'autel du profit.
2006, la jeunesse de notre pays déferle contre le CPE. Fin 2008, les lycéens se mobilisent contre le démantèlement programmé de l'enseignement public et des diplômes.
2008, la jeunesse italienne descend dans la rue et se rassemble dans des manifestations monstres contre Berlusconi qui taille à la hache dans l'école publique.
La jeunesse grecque est confrontée à une même politique et à un égal mépris. Elle s'est mobilisée en permanence depuis l'automne contre la politique du gouvernement de la droite libérale. Elle a été rejoint par les salariés lors de la gève générale du 10 décembre.
La brutalité criminelle de la police n'est pas nouvelle en Grèce. Les infos fançaises ont diffusé la version du ministère de l'intérieur: un groupe de jeunes aurait caillassé la police. Cela est totalement faux. Alexis Grigoropoulos (15 ans) a été abattu sans sommation. Ce n'est pas une « bavure ».
Sarkozy, Berlusconi, Caramanlis frappent à coups redoublés. Ils cherchent à criminaliser toute contestation. Mais ils ont peur. Les classes dominantes ont peur. Elles savent qu'elles sont sur un volcan.Tout ce monde là a peur que le feu prenne à toute la plaine, que la révolte fasse tâche d'huile. Car ce mouvement de la jeunesse est la pointe avancée d'un mouvement qui peut saisir toute la société et menacer directement les gouvernements.
En Europe, est en train de se développer le plus grand mouvement de la jeunesse depuis 1968. Une jeunesse qui, dans des conditions difficiles, combat pour un autre monde.

Les évènements qui se déroulent en Grèce nous démontrent une fois de plus que:
- seule la convergence entre les luttes de la jeunesse et la mobilisation des travailleurs peut défaire et chasser la droite;
- seule la construction d'une alternative anti-capitaliste crédible pourra offrir un nouvel espoir d'émancipation;
- seule un internationalisme actif peut s'opposer à l'Europe des banques, de la police et de la misère.

Bernard Nicolas - Claude Luchetta (13/12/08)