Vendredi 1 mai
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Un défilé du 1er mai sur fond de crise économique
En cette période de crise économique majeure, qui touche de plein fouet de nombreuses entreprises altiligériennes, la Fête du Travail revêt une importance
particulière, et les Altiligériens sont descendus dans la rue en masse, malgré un week-end prolongé qui aurait pu en inciter de nombreux à partir.
Plus de 10 000 manifestants selon les organisateurs.... 2 200 selon la préfecture. Si les syndicats se sont réjouis de voir le boulevard St Louis noir de monde, les représentants de la force
publique affirment avoir déjà vu mieux. Peu importe le chiffre exact, il y avait du monde...
Le cortège démarrait place Cadelade, et prenait au début des allures de passeggiata printanière, sous un soleil riant aux éclats. Le cortège s'étirait mollement jusqu'en haut du boulevard St
Louis, mais les tam-tam et les slogans scandés dans les haut-parleurs allaient bientôt faire monter la température. Au son de "Cho-cho-cho, chômage ras-le-bol !" et de "Assez, du sinistre Wauquiez, Ministre du chômage, et de la précarité !", les syndicats donnaient le la. Les représentations des organisations syndicales réunies pour
l'occasion - une première - venaient ensuite au micro pour exposer la situation et réclamer des mesures exceptionnelles en cette période de crise exceptionnelle. Car si le ciel était sans nuage
ce vendredi 1er mai, l'horizon semble lui bien bouché pour de nombreuses entreprises altiligériennes.
ABZAC - les papeteries du Crouzet
Hervé Montméa, délégué du personnel et salarié des papeteries depuis 21 ans, n'entrevoit "aucune lueur d'espoir". Chez ABZAC le Crouzet, les salariés sont en chômage partiel depuis 5 semaines.
"Nos emplois partent en fumée, il faut se réveiller", met-il en garde. Mardi 5 mai aura lieu une nouvelle réunion. "Si aucun résultat n'en sort, un durcissement du mouvement est à prévoir, car
les propositions de la direction sont insuffisantes à ce jour".
LST électronique
À Yssingeaux, LST électronique attend toujours un repreneur. L'inquiétude est vive chez le personnel, d'autant que le délai expire le 4 mai, rappelle Nicole Hébrard, déléguée CGT du personnel.
L'hôpital Émile Roux
Pour l'hôpital Émile Roux, Huguette Julien, déléguée CGT, explique que "la situation est complètement bloquée. Aujourd'hui, on a besoin de tous les postes, et encore de 80 postes supplémentaires
pour assurer notre mission de service public". À l'heure qu'il est, 112 postes sont sur la sellette. "Je ne le souhaite pas, conclut-elle, mais si la grippe porcine arrive en Haute-Loire, on aura
bien besoin de tous les postes".
Michelin Blavozy
Pour René Villesèche, délégué syndical de la CGT, la mobilisation du jour n'est qu'une demi-surprise. "Ça fait le tour dans la tête de tout le monde", explique-t-il. Chez Michelin, la situation
empire. Lors de la dernière réunion du Comité d'entreprise, les salariés n'ont pas obtenu de réponse. "On est dans le flou, résume René Villesèche, et c'est inquiétant". Dans le dernier
communiqué de l'entreprise, la direction dit vouloir "continuer les mesures d'adaptation de flexibilité industrielle", ce qui signifie en clair de nouvelles suppressions de postes. Il faut agir
d'urgence, car "en Haute-Loire, on a le plus fort taux de chômage de toutes les usines Michelin", conclut le délégué CGT.
Article de JBB paru sur Zoom 43
Edition en ligne du 1er mai 2009