Lundi 31 octobre
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Violences faites aux femmes ... ne nous laissons plus faire
Les violences faites aux femmes : une des conséquences de la domination masculine
Sexuelles, physiques, verbales ou psychologiques, les violences font trop souvent partie du quotidien de toutes les femmes.
Crédit photo : Photothèque Rouge - MC
Les récentes affaires (DSK, Georges Tron...) sont des exemples parmi tant d’autres et nous donnent le ton : impunité mais aussi banalisation de
ces violences. 75 000 femmes sont violées chaque année, mais il n’y a que 10 000 plaintes déposées et seulement 2 000 condamnations ; 146 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint
en 2010. Si les viols touchent les femmes de tous les milieux sociaux dans les mêmes proportions, il n’en va pas de même de la justice : parmi les 5% de violeurs condamnés, 90 %
concernent des hommes des milieux populaires.
Dans la famille, au travail, dans la rue, ne plus se taire !
Le mouvement féministe s’est battu pour faire reconnaître que ce qui se passe dans le cadre « privé » est en réalité l’affaire de
tou-te-s : le viol conjugal, les violences physiques ou psychologiques dans le cadre du couple sont encore très majoritairement niés. Le nombre de femmes violées ou battues qui se taisent ou
n’en parle qu’une fois est très élevé.
Au travail, les femmes sont exposées aux violences d’autant plus qu’elles ont des emplois précaires et qu’elles doivent subir la subordination à
leur employeur et le chantage à l’emploi. Il y a entre 20 et 40 % des femmes qui sont victimes de harcèlement sexuel au travail, allant des remarques déplacées et répétées aux attouchements
et agressions.
La violence est également dans les normes qui pèsent sur l’apparence et la sexualité des femmes. Obligation d’être dans la norme : féminine et
sexy mais pas « trop quand même » sinon on n’est plus qu’un bout de viande qui doit dire oui à tout ! Et si on « ose » se défendre, et bien tant pis… après tout on l’a
bien cherché ! Bref une même constante : convenir aux hommes en toute circonstance !
Les violences sont multiples, mais elles ne nous touchent pas de la même façon. Le choix de l’orientation sexuelle expose particulièrement les
lesbiennes tant les pratiques sexuelles et amoureuses sont vues comme des déviances ou des relations au rabais pour celles qui n’ont pas trouvé un « vrai mec ».
Encore largement tolérées, les violences sexistes servent donc à maintenir l’ordre patriarcal à la maison, dans la rue ou au travail. Elles font
système.
Les jeunes : la première cible
Les jeunes femmes sont plus touchées par ces violences. En cette période de crise, ces violences se traduisent aussi par une attaque à l’accès à la
contraception et à l’avortement. Nous l’avons constaté : le discours de retour à l’ordre moral, les attaques des centres IVG, la généralisation des pilules non remboursées… tout cela
constitue un acte de violence. C’est nous interdire le droit à disposer de notre corps et de notre sexualité.
L’indépendance financière est nécessaire pour être autonome et c’est encore plus vrai pour les jeunes femmes. Aujourd’hui, avec l’oppression
familiale et le système patriarcal, les jeunes femmes sont les plus touchées par ces oppressions. Mais des solutions existent comme l’allocation d’autonomie, car nous sommes des travailleuses en
formation et comme toute travailleuse, nous avons le droit à un salaire. Nous revendiquons :
# contraception et avortement libres, gratuits et accessibles à toutes
# le droit à disposer de notre
corps et de notre sexualité
# allocation d’autonomie
# des crèches dans les universités
# une loi-cadre prenant en compte les violences sexistes dans toutes leurs dimensions :
famille, couple, au travail, lieux publics, lesbophobes, prostitution (prévention, sanction, accueil et accompagnement des victimes, protection des victimes, garantie de leur revenu et de leur
droit au séjour, accès au logement)
# un service public d’accueil, d’écoute et d’hébergement des femmes victimes de violence
# mise en place de campagnes
d’information et de prévention contre les comportements sexistes.