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Antilles

Lundi 6 avril 1 06 /04 /Avr 23:55

La révolte contre la "pwofitasyon"


Interrogé par Daniel Bensaïd pour la revue Contretemps, Alex Lollia, animateur du LKP et dirigeant de la Centrale des travailleurs unis (CTU) en Guadeloupe revient sur l'origine historique du mouvement, le déroulement de la grève générale, la violence de la répression et la victoire en expliquant les raisons de la radicalité et de l'unité de ce soulèvement populaire.

1- Les racines historiques du mouvement (8mn)


2- L'unité contre la pwofitasyon (11mn)



3- La répression coloniale (5 mn)



4- Les suites [1] (6 mn)



4- Les suites [2] (9 mn)



5- Un mouvement à part ? (4 mn)



Publié dans : Antilles
Mardi 10 mars 2 10 /03 /Mars 14:58


L'ouverture d'une enquête à l'encontre d'Elie Domota, responsable du LKP pour « provocation à la haine raciale » est scandaleux et révoltant.

Derrière cette décision judiciaire, il y a la tentative de criminaliser et de punir, à travers Elie Domota, un mouvement qui a gagné sur les revendications qu'il avait mises en avant : les 200 euros, le gel des loyers, la baisse des prix du carburant, de l'eau et des produits de première nécessité, notamment.

 

Depuis plusieurs jours, les porte-voix de Nicolas Sarkozy multiplient les déclarations haineuses contre le LKP. Frédéric Lefèvre a même osé comparé les militants du LKP aux tontons macoutes ce qui dénote chez ce responsable politique une grande ignorance, volontaire sans nul doute, de ce qu'était Haïti à l'époque de Duvalier.

 

Ce genre de déclaration voudrait, surtout, faire oublier que la grève générale en Guadeloupe était un conflit social, et non pas un conflit racial, de peur que ce mouvement exemplaire donne des idées aux salariés, à la population qui, ici, souffre de la crise du capitalisme.

 

Le NPA apporte tout son soutien à Elie Domota, au LKP, au peuple de Guadeloupe alors que le pouvoir et le MEDEF essayent de dénaturer leur combat.

Communiqué du NPA
Le 10 mars 2009

Publié dans : Antilles
Vendredi 6 mars 5 06 /03 /Mars 09:24


Comme à la Guadeloupe et à la Martinique, un collectif de mobilisation contre le vie chère et pour une augmentation de 200 euros des bas revenus s'est mis en place à la Réunion le 10 février dernier : le COSPAR. Il regroupe tous les principaux syndicats, des associations de chômeurs, des partis de gauche dont le NPA réunionnais.

 

Crédit Photo: © Copyright - Syndicat Réunion : SGPEN CGTR


Après des manifestations de plusieurs dizaines de milliers de personnes, aujourd'hui, à Saint-Denis et à Sain-Pierre, le COSPAR lance un appel à la grève générale reconductible à partir du mardi 10 mars. D'ici là, différentes initiatives sont prévues.

 

A la Réunion, le chômage massif, les bas salaires, la vie chère, le déficit de logements sociaux frappent durement la population. En Guadeloupe, c'est la grève générale commencée le 20 janvier qui a permis de gagner les 200 euros pour les bas salaires et tout une série d'autres revendications consignés dans un mémorandum qui vient d'être signé. Pour obtenir une baisse de 20% des prix sur les produits de première nécessité, de 5 euros sur la bouteille de gaz, 200 euros pour les bas salaires et les bourses étudiantes, le contrôle des prix sur une liste de 500 articles, des logements sociaux en fonction des besoins, seule une grève générale reconductible permettra d'établir un rapport de force suffisant vis-à-vis d'un MEDEF qui ne veut rien lâcher de ses profits et d'un gouvernement qui laisse perdurer des situations de type colonial.

Le NPA soutient totalement la mobilisation engagée à la Réunion, comme il a soutenu la grève en Guadeloupe et à la Martinique.

Communiqué du NPA, 5 mars 2009.

Publié dans : Antilles
Mercredi 25 février 3 25 /02 /Fév 22:31

Le CADTM exprime sa solidarité avec les peuples de Guadeloupe et Martinique en lutte

Depuis la crise de la dette de 1982, les pays du Sud sont périodiquement secoués par des « émeutes FMI », ou émeutes de la faim, lorsque le FMI exige brutalement la suppression des subventions aux produits de première nécessité. Le CADTM a toujours dénoncé ces mesures néolibérales qui frappent les plus démunis et qui sont appliquées souvent docilement par les gouvernements du Sud. Les peuples se révoltent alors contre le doublement en une nuit du prix du pain, du riz ou de l’essence. Les exemples sont légions, sur tous les continents. Avec l’explosion du cours des matières premières au premier semestre 2008, près d’une trentaine de pays du Sud a connu de telles émeutes…

Crédit photo : Photothèque rouge / DR

Au Nord, avec la crise systémique qui secoue la planète, les effets d’annonce ne suffisent plus à atténuer la contestation, comme ce fut le cas en Grèce à la fin 2008.

Depuis le 20 janvier, la Guadeloupe, colonie française départementalisée des Caraïbes, est paralysée par une grève générale pour protester contre la cherté de la vie. Le collectif Liyannaj Kont Pwofitasyon (LKP, Ensemble contre l’exploitation, en créole) s’est constitué et a établi une plate-forme de revendications dont le rehaussement de 200 euros des plus bas salaires est la revendication phare.

Alors que le chômage frôle les 24%, quatre familles béké (descendants de colons blancs esclavagistes) s’accaparent les richesses de l’import-distribution [1]. En effet, afin de se procurer ses ressources naturelles (banane et canne à sucre) au moindre coût, la France a imposé à la Guadeloupe de tourner son agriculture vers l’exportation au détriment des cultures vivrières. Cela a accentué la dépendance aux produits importés, dont les prix élevés accentuent la richesse des sociétés importatrices et appauvrissent la population. Autrement dit, les structures coloniales du pouvoir persistent aujourd’hui.

Face à ce mouvement social d’envergure historique, les autorités françaises n’ont à ce jour répondu que par des négociations tronquées et l’envoi de gardes mobiles afin de mater la rébellion. Déjà en 1952 et 1967, l’Etat français au comportement colonial avait préféré réprimer plutôt que négocier [2].

Le lundi 16 février, le conflit s’est durci avec l’établissement de barrages routiers. Dans le même temps, des témoignages rapportent que la police aurait procédé à des arrestations et à des passages à tabac de syndicalistes et de militants engagés. Plus grave encore, Jacques Bino, militant du LKP et de la CGTG, est décédé par balle dans la nuit du mardi 17 février [3].

La Martinique a rejoint le mouvement par une grève générale dès le 5 février : le « collectif du 5-Février » alors constitué réclame lui aussi, entre autre, une hausse des plus bas salaires. La Réunion prévoit une grève générale le 5 mars pour les mêmes motifs et la Guyane serait prête à emboiter le pas…

Pour le CADTM, la solidarité des citoyens et des mouvements sociaux de métropole qui luttent pour une juste répartition des richesses à l’échelle mondiale est plus qu’indispensable. Elle doit se transformer en vaste mouvement populaire destiné à mettre à bas la logique néolibérale mortifère pour la remplacer par une logique radicalement autre, basée sur la garantie des droits humains fondamentaux.

Le CADTM dénonce également l’irresponsabilité et le mépris du gouvernement français et du patronat et se porte pleinement solidaire de la lutte puissante et déterminée des Guadeloupéens et des Martiniquais.

CADTM / Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde, Réseau international de lutte pour l'abolition de la dette des pays du Sud.


Notes

[1] L’une d’elle, la famille Hayot (GBH) qui construit et exploite les hypermarchés sous l’enseigne Carrefour, est la huitième fortune de France.

[2] En 1952, une grève générale s’étend dans les plantations de canne à sucre, les CRS tirent sur la foule le 14 février 1952 et tuent 4 personnes. En mai 1967, les ouvriers du bâtiment réclament une augmentation de salaire, les négociations échouent, les CRS tirent. Le nombre de morts occasionné par la tuerie est encore sujet à caution.

[3] Les secours seraient arrivés 2 heures plus tard, la police refusant d’escorter les pompiers prétextant être trop occupée par ses propres blessés... Une enquête est ouverte.
Publié dans : Antilles
Lundi 23 février 1 23 /02 /Fév 10:20

Martinique: plus d'un millier de personnes à un meeting en présence de Besancenot

Entre 1000 et 1500 personnes, selon les organisateurs, ont assisté à un meeting à Fort-de-France dimanche en présence d'Olivier Besancenot, porte-parole du NPA et d'Alex Lollia, membre du LKP et de Michel Monrose, président du "collectif du 5 février".

Ce meeting était organisé par le Groupe Révolution Socialiste (GRS-EXG). Durant près de deux heures et demi, les participants, dont de nombreux jeunes, réunis au Grand Carbet du parc floral Aimé Césaire, ont écouté les orateurs dans une ambiance ponctuée par des intermèdes musicaux d'artistes martiniquais solidaires de la grève générale.

Crédit photo : Jean-Michel André/AFP

Porte-parole du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) Olivier Besancenot s'est présenté à la tribune comme "militant anticolonialiste et internationaliste" venu "relayer le combat". Selon lui, c'est aussi pour "apporter notre solidarité à ce mouvement de grève générale". "Et de voir avec le collectif du 5 février et le LKP, comment on peut vous aider de manière pragmatique à être plus efficace pour que votre combat parvienne à la victoire, c'est-à-dire au gain de toutes vos revendications".

A l'issue du meeting, Alex Lollia, dirigeant de la centrale des travailleurs (CTU) et membre du LKP s'est félicité de la qualité de ce meeting. Selon lui, c'est "un peuple debout et solidaire" qui s'est manifesté à travers ce mouvement social. Il s'est dit persuadé que "cette lutte va s'achever par une victoire pas seulement symbolique mais aussi historique".

Alex Lollia a, par ailleurs indiqué devant la presse, qu'au delà des revendications matérielles et financières, c'est la "volonté de retrouver notre dignité, notre liberté et le respect" qui s'exprime dans ce mouvement social.

Brève AFP
Fort-de-France 22/02

Publié dans : Antilles
Vendredi 20 février 5 20 /02 /Fév 18:52

Depuis son lit d'hôpital à Pointe-à-Pitre, interview d'Alex Lollia, membre dirigeant de la CTU (troisième syndicat de Guadeloupe), victime de la répression policière :

 

Source :
Guadeloupe : un papillon en deuil (19/02/09)
Reportage audio de Daniel Mermet
Là-bas si j'y suis - France Inter
Publié dans : Antilles
Mercredi 18 février 3 18 /02 /Fév 23:59


Plus de vingt milliards pour les banques et les entreprises et seulement 2,6 milliards d’euros pour les salariés qui sont l’immense majorité de la population.

Soit 70 euros par an par foyer fiscal ! Moins de 6 euros par mois ! Rien pour les salaires, les retraites, les minima sociaux, rien pour bloquer les licenciements qui se multiplient, alors même que les profits des plus grosses entreprises sont toujours aussi colossaux….

Voilà bien qui résume les choix de Nicolas Sarkozy : effort, travail, réforme… mais toujours dans le même sens, toujours pour les mêmes. Jusqu’à la caricature lorsqu’il insulte les peuples d’outre-mer, en particulier de Guadeloupe, qui n’auront droit qu’à une phrase méprisante et condescendante.

Crédit photo : AFP

Celles et ceux qui souffrent de la crise, des licenciements, du pouvoir d’achat qui recule, les travailleurs qui sont descendus dans la rue par millions ne peuvent que se sentir déterminés à poursuivre, développer la mobilisation contre la politique de Sarkozy. Les Guadeloupéens mènent depuis plusieurs semaines, un combat qui est aussi le nôtre. Un exemple à suivre ici, en métropole pour lutter tous ensemble.

Paris, le 18 février 2009

Olivier Besancenot

Publié dans : Antilles
Mardi 17 février 2 17 /02 /Fév 17:45

Guadeloupe, Martinique : Faisons comme eux !

Presque un mois après le début de la grève générale en Guadeloupe, et alors que le mouvement a gagné la Martinique depuis bientôt deux semaines, le gouvernement et le patronat manœuvrent, jouent la montre et refusent toujours de satisfaire les revendications.

Soutenus par toute la population, par des manifestations les plus grosses jamais vues là-bas, les grévistes exigent une baisse générale des prix et l’augmentation des salaires : 300 € pour tous en Martinique, 200 € en Guadeloupe. Leurs représentants ont réaffirmé les exigences du mouvement, en rejetant au passage la démarche des responsables du Parti socialiste, qui demandaient que la grève soit “ assouplie ” en échange de miettes (en Guadeloupe, les présidents PS du conseil régional et du conseil général offraient une prime de 100 euros pendant trois mois pour les salariés touchant moins de 1,4 SMIC…)

La situation aux Antilles a ses particularités. L’économie y a en effet gardé l’essentiel des anciennes structures coloniales. Elle est contrôlée par les “ békés ”, descendants des colons blancs esclavagistes, qui font des profits fabuleux grâce à leur monopole des exportations et importations avec la France.

Mais il y a aussi énormément de points communs. Aux Antilles, à la Réunion, en métropole, comme partout, les privilégiés veulent nous faire payer leur crise. C’est cette politique, pilotée par Sarkozy et le Medef, qui rend la situation de plus en plus insupportable, et oblige les salariés à entrer en lutte pour défendre leurs conditions d’existence.

“ Que les ouvriers de France reprennent notre combat ”

Une première manifestation de soutien a été organisée le 16 février à Paris, à l’initiative du NPA et d’autres organisations.
Une seconde est convoquée le 28 par les associations antillaises avec le soutien de nombreuses organisations syndicales et politiques. Les directions des confédérations syndicales devraient, auraient dû depuis plusieurs semaines être à l’initiative d’actions concrètes : collectes, rassemblements, débrayages… – afin d’aider à faire triompher la grève générale aux Antilles. Parmi les grévistes des universités, l’idée se concrétise.
Etre solidaire des travailleurs et des peuples de Guadeloupe et de Martinique, c’est aussi renforcer nos propres luttes et revendications.
Comme l’a indiqué Alex Lollia, un des dirigeant du syndicat guadeloupéen Centrale des travailleurs unis (CTU) : “ le gouvernement craint que les mots d’ordre de la Guadeloupe et de la Martinique soient repris par les camarades ouvriers de France et que celle-ci, soit, elle aussi, paralysée, ce qui aurait des répercussions dans toute l’Europe. Nous tenons bon dans l’attente que les ouvriers de France reprennent notre combat. ”
Il a mille fois raison ! A partir des luttes qui se développent, en tissant tous les liens, locaux, régionaux et nationaux, interprofessionnels, entre public et privé, rien n’est plus urgent que de construire la généralisation de la grève.
Face à un gouvernement et à des patrons qui ne veulent rien entendre, la meilleure solidarité, ce serait bien de reprendre l’exemple des Antilles, en construisant le rapport de forces pour imposer les revendications urgentes et ouvrir une issue à la crise conforme à l’intérêt des classes populaires.

Tract hebdomadaire du NPA
Version du 16 février 2009.

Publié dans : Antilles

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