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Militants incarcérés en Israël : le témoignage d'une altiligérienne
Des militants venus d'Europe pour une manifestation en Cisjordanie ont été incarcérés à Tel-Aviv, en attendant leur reconduite à la frontière. C'est le cas
de Charlotte, une altiligérienne de 29 ans [...]
Crédit photo : DR
Près de 600 militants, dont 300 Français, avaient l'intention de rejoindre les territoires palestiniens dans le cadre de la mission internationale "Bienvenue en
Palestine", voulant protester contre le blocus de la Bande de Gaza, à l’invitation de 15 associations palestiniennes. Si plus des deux tiers ont été interceptés à leur aéroport de départ,
Charlotte, en partance de Genève, fait partie des militants à être passé à travers les mailles du filet. Mais à Tel-Aviv, les militants vont vite déchanter.
"On n'a même pas dépassé le tarmac"
"A Tel-Aviv, à peine sortis de l'avion, on a vu un cordon de sécurité d'une cinquantaine de militaires et policiers israëlines qui séparaient les militants des
autres passagers", explique l'altiligérienne. Habituellement, les contrôles de ce type s'effectuent à la douane "mais là, on n'a même pas dépassé le tarmac", ajoute-t-elle. Les autorités ont
conduit le groupe de six français dans un terminal "qui semblait inutilisé" pour une série d'interrogatoires. "Comme on était démasqués, on n'a pas cherché à faire croire que l'on venait faire du
tourisme". Conséquence : le visa israëlien a été rayé et Charlotte a désormais l'interdiction de rentrer sur le territoire hébreu pendant 10 ans.
"Ils proposaient de nous rapatrier immédiatement sur Londres ou alors de nous maintenir en prison jusqu'à notre vol de retour. Quand on s'est aperçu que d'autres
groupes de militants avaient été arrêtés, on a décidé d'opter pour la prison", témoigne-t-elle.
Crédit photo : DR
Tout n'est pas rose dans les prisons israëliennes
De vendredi après-midi jusqu'à lundi, Charlotte est ainsi incarcérée. "On a quand même été bien traités, ils nous ont apporté de l'eau et de la nourriture",
assure-t-elle avant d'observer : "c'est peut-être aussi la médiatisation de l'affaire qui nous a permis d'avoir un traitement correct".
Mais tout n'est pas rose non plus dans les prisons israëliennes. "Ils ont menacé de séparer les maghrébins des autres européens, comme s'il s'agissait de citoyens de
seconde zone. Pour eux, ils ne nous sont pas égaux. Heureusement, ça ne s'est pas fait, on craignait le pire", témoigne l'altiligérienne.
"A un moment donné, ils se seraient aussi jeter sur une fille, soit disant parce qu'ils se sentaient menacés. Ils l'ont chopé à quatre, l'ont mise par terre et lui
ont donné des coups. A la fin, elle pleurait et on a vu ensuite qu'elle avait plusieurs bleus et des hématomes. Un militant a voulu s'interposer et il a lui aussi pris des coups. Il y a une
grande part de provocation car les autorités filment et utilisent ensuite des images sorties de leur contexte pour alimenter leur propagande et nous faire passer pour des terrorristes",
ajoute-t-elle. Finalement, Lundi matin, le groupe des six français en provenance de Genève était rapatrié, aux frais d'Israël.
Une manifestation pour protester contre le nouveau mur de la honte
A l'invitation de quinze associations palestiniennes, quelque 600 militants comptaient participer à l'opération "Bienvenue en Palestine", organisée ce 9 juillet pour
commémorer les sept ans jours pour jour de la décision de la Cour internationale de Justice condamnant la construction par Israël d'une barrière de séparation, ou plutôt d'une épaisse muraille,
qui empiète sur la Cisjordanie.
L'existence et le tracé de cette construction, longue de plus de 700 kms et incluant plusieurs grands blocs de colonies israëliennes en Cisjordanie, sont contestés
sur des aspects politiques, humanitaires et légaux. Rappelons que l'objectif déclaré de cette mesure est de "protéger la population israëlienne en empêchant physiquement toute intrusion de
terroristes palestiniens sur le territoire israëlien". Les opposants à la barrière la surnomment "mur de la honte", en réference au mur de Berlin. [...]
Charlotte explique que ce conflit du Proche-Orient concerne aussi les européens et estime que les mouvements pacifistes peuvent changer les choses dans la guerre de
l'opinion publique.
Article de Maxime Pitavy paru sur Zoom 43
Edition en ligne du mardi 12 juillet 2011
Note : Charlotte appartient à l'association française Capjpo [...]
En Haute-Loire, il existe aussi une association qui défend la cause palestinienne : le COLLECTIF PALESTINE
43.
Contact mail : collectifpalestine43@laposte.net