La CGT La Poste veut remonter le moral des salariés
Suppressions d’emplois, réorganisations, méthodes de management déstabilisantes... Le climat reste pesant au sein des entreprises.
Le syndicat départemental CGT Fapt (Postes et télécommunications) a tenu son congrès, hier et avant-hier, dans les locaux du stade Marcel-Paul de Brives-Charensac.
Crédit photo : Christophe Teyssier
En cinq ans, les effectifs de La Poste et de France Télécom ont chuté de plus de 16 % en Haute-Loire, soit une perte de 160 emplois.
Fin novembre, on comptait 500 agents de courrier, 230 agents de guichets et 130 agents de France Télécom. Des salariés confrontés à des suppressions d’emplois, des réorganisations, ou des méthodes de management déstabilisantes.
« Le désespoir individuel, c’est l’arme sournoise qu’utilise l’entreprise pour détruire l’âme des salariés et les enfermer dans la solitude. Ce désespoir très profond est un défi à plusieurs titres, car le désespoir, c’est le contraire de la lutte syndicale. La re-syndicalisation, qui a toujours été, à la CGT, un objectif prioritaire, apparaît donc plus nécessaire que jamais dans ce congrès, pour mettre des mots sur la souffrance, lui donner un sens collectif et faire renaître l’espoir », explique Pascale Falcon, la nouvelle secrétaire départementale, qui succède à Michèle Chaumet.
Selon le syndicat, le 20 mars, le président de La Poste, Jean-Paul Bailly, n’a apporté aucune réponse concrète aux revendications des salariés : « En quoi le report, à mi-septembre, de l’ouverture du capital aux salariés est-il une réponse aux suppressions d’emplois, à l’augmentation des cadences, aux mobilités forcées et aux heures supplémentaires non payées ? », questionne-t-on au sein du syndicat.

Concernant la plate-forme de tri de Taulhac, alors que la prochaine réorganisation aura lieu le 19 juin, la première a encore du mal à passer, le syndicat pointant le manque de personnel, une précarité importante avec 20 % de CDD, des salariés désorientés et une mécanisation du courrier qui laisse à désirer. « La machine de tri a été rapatriée à Clermont-Ferrand en novembre. Les projets de réorganisation qui se déclinent inexorablement tous les dix-huit mois peuvent-ils apparaître comme autre chose qu’une réponse dictée par la seule urgence médiatique ? »
Article de Christophe Teyssier paru dans Le Progrès
Edition du samedi 24 mars 2012

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