Jeudi 29 mars
4
29
/03
/Mars
18:23
La
démagogie sécuritaire pour ne pas parler de l'austérité
Les efforts de Sarkozy n’y font rien, la population refuse d’oublier ses préoccupations quotidiennes, l’emploi, l’augmentation des prix, le manque de
logements...
Sarkozy met pourtant le paquet pour instrumentaliser les drames de Montauban et Toulouse à des fins électorales et politiciennes. Sa volonté de dévoyer la légitime
émotion de la population sur le terrain sécuritaire, sur celui du nationalisme et de la xénophobie envenime le climat politique.
Crédit photo : Photothèque Rouge - Daniel
Étouffer le mécontentement
Invoquant la lutte contre le terrorisme, Sarkozy voudrait faire accepter ses réponses répressives face à la régression sociale, restreindre les libertés. Au nom de
l'union nationale, il voudrait étouffer le mécontentement social et faire oublier son sinistre bilan en attisant les inquiétudes et les peurs. Il rêve de dévoyer la colère des travailleurs, des
classes populaires contre l’austérité, les bas salaires, la montée continue du chômage qu'il ose, avec cynisme, qualifier de « modeste » !
Marine Le Pen est la première à utiliser ce climat pour distiller sa haine contre les immigrés, le racisme. Elle prétend, elle dont les liens avec des forces
ouvertement fascistes sont de notoriété publique, partir en guerre contre ce qu’elle appelle « le fascisme vert » au nom de la chrétienté ! La droite et l'extrême droite flattent les
obscurantismes réactionnaires pour diviser celles et ceux qui sont victimes de la politique des classes dominantes responsables de la crise.
L'urgence sociale et démocratique
Rejeter cette démagogie répugnante est une raison suffisante pour chasser la droite et l’extrême droite. Mais, Hollande se laisse, lui aussi, entraîner sur le
terrain des surenchères sécuritaires. S'il conteste les dernières mesures répressives demandées par Sarkozy c'est pour insister sur « le renforcement des moyens ». Plus de lois sécuritaires ou
plus de police, la réponse n'est pas là.
Le premier tour de l’élection présidentielle sera l'occasion de dire que nous ne sommes pas dupes
C'est au cœur du problème qu'il faut s'en prendre, à l'insécurité, à la régression sociale, au chômage et à la précarité qui sécrètent la misère, la pauvreté. A
l'origine de la violence, il y a la violence sociale quotidienne qui délite les relations sociales, entraîne les frustrations, le désespoir et les peurs. C'est elle qui exacerbe les tensions au
point que bien des personnes au sein même des quartiers populaires ne voient d'issue que dans plus de police. Pourtant il n'y aura pas d'issue sans créer les conditions d'une vie sociale
solidaire et démocratique en mettant fin à cette violence sociale. En mettant fin aussi à la violence des guerres qui ravagent le monde en particulier contre les peuples afghan et
palestinien.
Les surenchères sécuritaires et répressives ne peuvent qu'accentuer le recul social et démocratique. L'issue dépend de notre mobilisation pour imposer une autre
répartition des richesses, créer les conditions sociales et politiques d'une réelle démocratie maintenant.
Tract hebdo du NPA
Edition du mercredi 28 mars 2012