Un 1er mai politique au Puy

Publié le par NPA 43

 

progresfr.gifUn 1er mai politique, symbolique et surtout assumé

 

Hier moins de 2 000 personnes ont battu le pavé en ville préfecture. Une belle mobilisation au regard des précédents 1 er mai, avec une double particularité : un entre-deux tours et des manifestants pas forcément habitués de l’exercice.

 

http://www.43chrono.fr/uploads/photo/6107.JPGCrédit photo : 43Chrono

 

« Je n’ai jamais manifesté, mais là c’est trop. C’est quoi le vrai travail ? » La dame affiche une cinquantaine d’années et avoue n’avoir jamais manifesté, « même pas en 2002 ». Mais pour elle, la coupe est pleine : « A quoi est-ce que cela rime de mettre en opposition les salariés avec d’un côté les syndiqués et de l’autre ceux qui ne disent rien. Je ne suis pas d’accord, je ne suis même pas syndiquée. Et c’est justement parce que je ne suis pas d’accord que je suis venue. D’ailleurs, elle n’est pas la seule dans ce cas. Hier, dans le cortège de l’intersyndicale, il y a bien entendu les adhérents des différentes structures du département, mais aussi de nombreux anonymes pas forcément rompus à l’exercice de la manifestation.

 

Ce 1 er mai ne ressemble pas vraiment au 1 er mai. Le vote de dimanche est dans toutes les têtes. D’ailleurs, on continue de commenter les résultats du 22 avril. « Tu la vois où l’insécurité à Saint-Julien ? » interroge une manifestante. Sans parler des différents panonceaux portés par certains, très explicites quant aux sentiments suscités par les derniers discours de ces dix jours de campagne.

 

« Vous ne trouvez pas que c’est triste ? » questionne une militante du PS. « On verra dimanche soir. Pour l’instant, il faut qu’on montre qu’on n’est nombreux et qu’on ne va se laisser avoir comme il y a cinq ans », lui répond un manifestant sans signe extérieur d’appartenance.

 

Hormis quelques slogans, repris des manifs pour les retraites et rappelant le mot d’ordre de certains politiques, c’est le calme plat. Un peu à l’image d’une balade en ville. « Cela fait quarante ans que je manifeste, explique un retraité de l’Education nationale. Je pensais qu’à la retraite, je pourrais m’arrêter et bien la preuve que non. Il faut rester vigilant, toujours vigilant. »

 

http://www.leprogres.fr/fr/images/BE838524-938E-461A-B29F-874AB9D17EEF/LPR_03/entre-1600-et-1800-personnes-ont-manifeste-au-puy-en-velay-photo-severine-fabre.jpg Crédit photo : Séverine Fabre

 

Et comme pour lui répondre, la tête du cortège est forte en symboles : des représentantes des ex-Lejaby ont pris place au côté des porte-paroles des syndicats et la première banderole que l’on peut voir dans le cortège est celle des «Biltube», les salariés de la cartonnerie de Saint-Didier-en-Velay.

 

C’est d’ailleurs le représentant CGT de ces ouvriers qui prendra le premier la parole avant la fin de la manifestation. « Parce que nous avons menacé d’empêcher le scrutin le 22 avril, à Saint-Didier-en-Velay, les politiques du département se sont réveillés et nous avons obtenu le paiement de nos salaires du mois d’avril. Si les 95 ex-Lejaby ont été sauvées, nous devons l’être nous aussi. Notre entreprise est la plus ancienne de Haute-Loire. Nous ne baisserons les bras, nous continuerons à nous mobiliser et à mobiliser la population, même lorsque les élections seront passées, car nous savons que notre combat sera de longue haleine. »

 

En fin de cortège, au son du banjo, des jeunes crient « Résistance ». Un 1er mai indéniablement politique et totalement assumé.

 

Article de Séverine Fabre paru dans Le Progrès

Edition du mercredi 2 mai 2012

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