Jeudi 18 décembre
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Adresse de la rencontre nationale écologie
aux militants du NPA

Le succès de la première rencontre
nationale du NPA consacrée à l’écologie a montré une prise de conscience importante et en progrès concernant les conséquences politiques de la crise écologique au sein gauche radicale.
Il s’agit désormais pour le NPA de franchir un cap supplémentaire et de s’affirmer comme un parti anticapitaliste qui intègre la critique écologiste du mode de production capitaliste et des
errements des ex-sociétés du "socialisme" bureaucratique.
Crédit photo : Photothèque Rouge/Franck Houlgatte
L’ampleur de la crise écologique provoquée par le productivisme capitaliste, conjuguée aujourd’hui à la crise économique, met désormais en danger des millions de vies humaines, et en premier lieu
celles des populations les plus pauvres.
L’heure n’est plus à faire de l’écologie un supplément d’âme, une revendication parmi d’autres, mais bien d’en reconnaitre la transversalité. En effet,
nulle question sociale ne peut être appréhendée sans en saisir la dimension écologique, qu’il s’agisse d’emplois, de choix industriels ou de services publics ; notre écologie doit donc enrichir
notre projet émancipateur...
La prise en compte de la question écologiste par la droite et la gauche sociale-libérale conduit le plus souvent à faire reposer sur les plus pauvres les conséquences des dégradations
environnementales comme celles de la crise sociale. Le NPA ne sera crédible que s’il sait articuler ces deux dimensions, que s’il arrive à répondre à l’urgence environnementale comme à l’urgence
sociale. Il le sera d’autant plus s’il parvient à nouer des liens solides et durables avec les courants et les mouvements de l’écologie radicale. Il devra pour cela impulser des mobilisations de
masse sur les questions écologistes et nourrir les mobilisations sociales d’une conscience écologiste.
Cela implique de formuler un plan d’urgence liant ces deux aspects de la crise, mais aussi d’articuler la nécessité de réponses immédiates et d’un projet d’ensemble à moyen et long terme. Autrement
dit il s’agit que les travailleurs et les populations s’approprient un véritable programme transitoire social et écologiste, notamment autour des problèmes de changements climatiques, de la santé,
pour une agriculture paysanne et une pêche artisanale respectueuses des équilibres environnementaux, ou encore pour la sortie du nucléaire. Ce projet à moyen terme doit affirmer la nécessité de la
planification démocratique, c’est-à-dire la maîtrise collective de l’appareil de production, afin de viser sa profonde réorientation, ce qui nécessite la remise en cause du caractère sacré de la
propriété privée capitaliste. En effet le NPA doit aujourd’hui être capable de répondre aux questions :
qui produit, qu’est-ce qu’on produit, pourquoi et pour qui on produit, où et comment on
produit, et qui décide ? Notre écologie est intrinsèquement liée à une visée radicalement démocratique. Pour se réapproprier nos vies, nous devons nous réapproprier notre environnement.
Un tel projet nécessite, au-delà de la lutte quotidienne, de créer un nouvel imaginaire politique, qui écarte le productivisme et le consumérisme, qui promeuve d’autres modes de vie, car c’est
aussi à travers la vision d’une autre société que nous pourrons disputer l’hégémonie à l’écologie libérale. La gravité de la crise environnementale va accélérer la prise de conscience des dangers
qui menacent la planète et l’humanité. Dans ce contexte, le NPA doit proposer un projet politique qui donne une perspective sociale et écologiste et être un outil qui impulse les luttes sur ces
terrains.
Alors, tous ensemble, militants et militantes du NPA, retroussons nos manches pour construire un parti anticapitaliste radicalement écologiste.
Pas de socialisme sans écologie, pas d’écologie sans socialisme !
14/12/2008