Le président Sarkozy va avoir du mal à dire, comme en juillet dernier, que « désormais, lorsqu'on manifeste en France, ça ne se voit plus ». La gigantesque mobilisation d'hier s'est
chargée de lui offrir des lunettes...
Les salariés du secteur public composaient le gros des troupes, avec notamment de fortes délégations du secteur social, de la santé et de l'Éducation nationale (*). Mais de nombreux employés du privé étaient également mobilisés (Recticel, Fontanille, MSD, Michelin, etc.). Des politiques (PS, PCF, les Verts ou encore le NPA), des retraités et des lycéens ont eux aussi défilé.
Les syndicats ne s'y sont pas trompés : « Ce 29 janvier fera date ! », estime Jo Chapuis au nom de l'intersyndicale (FSU, CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA, Solidaires et CGT). « Nous ne sommes pas responsables de la crise financière. Nous ne voulons pas en être les victimes ».
Les revendications sont claires : une hausse des salaires ; le maintien des emplois dans le secteur privé et la lutte contre les suppressions de postes dans le public ; le refus de la précarisation générale ; l'arrêt des privatisations ; non au travail le dimanche, à la remise en cause du temps de travail et de la retraite à 60 ans ; etc.
« Et si, dans les jours qui viennent, le gouvernement ne donne pas suite à nos revendications, il faudra envisager la grève générale dans l'unité, pour gagner, comme le font nos camarades de Guadeloupe depuis plusieurs semaines, comme l'ont fait nos camarades grecs en décembre dernier », ajoute-t-on du côté de FO.
(*) L'inspection académique annonçait par exemple 70 % de grévistes dans le 1er degré. Ce taux montait à 82,5 % aux Impôts. Selon la direction, il y avait plus de 200 grévistes à l'hôpital Émile-Roux.
Les manifestations permettent souvent de laisser libre court à l'imagination revendicative. Petits extraits de slogans piqués au hasard du cortège : « Y'en a ras-le-bol de ces guignols, qui ferment les usines, qui ferment les écoles ! » ; « Qui sème la misère récolte la colère ! » ; « La bourgeoisie au RMI, le patronat au RMA ! » ; « Sarko, Wauquiez, mêmes dégâts ! ».
Le cortège n'a pas manqué de manifester son mécontentement en passant devant la mairie du Puy-en-Velay. Face à la ppolice municipale, le ton est même singulièrement monté lorsque des
manifestants ont envisagé de pousser les portes.
Article de Fabrice Mina paru dans La Montagne
Edition du 30 janvier 2009

EUROPE : PAS SANS NOUS !
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