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Jeudi 26 janvier 4 26 /01 /Jan 19:00

 

progresfr.gifLes ouvrières bougent et font bouger le monde autour d’elles

 

Après le courrier adressé à Nicolas Sarkozy en début de semaine, les ouvrières de Lejaby tiennent à se rappeler au bon souvenir du président de la République.

 

Chef d’État, il n’en demeure pas moins homme, et c’est un soutien-gorge tricolore qu’elles viennent de confectionner ! « Comme ça, il verra ce qu’on faisait jusqu’à maintenant, et ce qu’on voudrait continuer de faire. On tient aussi à lui rappeler la nécessité de fabriquer français », explique une ouvrière. Mais avant d’exhiber à la télévision française le sous-vêtement aux bonnets d’une profondeur remarquable, c’est la caméra de la chaîne nationale norvégienne NRK qui a eu la primeur des images.

 

lejaby-un-soutien-gorge-tricolore.jpg Crédit photo : Christophe Bouyer

 

Car, en zone industrielle de « La Guide », les médias continuent à défiler pour couvrir la mobilisation des petites mains yssingelaises promises au sacrifice sur l’autel d’une logique bien difficile à admettre. Leur histoire bouleverse partout, y compris au Japon, dont les reporters d’un des plus grands quotidiens sont attendus en début de semaine prochaine.

 

La presse locale, nationale et internationale se mobilise, et les gestes de solidarité se multiplient. À l’image de l’association Citoyens solidaires d’Yssingeaux, dont les représentants viennent d’apporter la recette des entrées à leur dernière conférence.

 

Un geste salué par de chaleureux applaudissements dans l’atelier. « Si vous êtes d’accord, nous avons en projet de vous organiser une grande paella sur le site, histoire de faire une animation. On ne souhaite pas vous laisser seules. On ne peut qu’admirer votre courage et votre ténacité », déclare François Guilbert, le président de Citoyens solidaires.

 

Quant au plan social bouclé mardi lors du CCE (Comité central d’entreprise) au siège du fabricant de lingerie, à Rillieux-la-Pape (Rhône), le responsable CGT textile, tente de maintenir la détermination des ouvrières. « Nos exigences sont simples : ça reste le redémarrage du site, et que chacun conserve son emploi. Mais, sachez qu’en haut, ça bouge beaucoup. Ça bouge beaucoup parce que vous avez beaucoup bougé ! On va gagner, mais il faut tenir le coup. »

 

Article de Christophe Bouyer paru dans le Progrès

Edition du jeudi 26 janvier 2012

Publié dans : Social
Jeudi 26 janvier 4 26 /01 /Jan 18:55

 

progresfr.gifLe chômage s’intensifie encore en Haute-Loire : + 9 % en un an

 

Le nombre de chômeurs de catégorie A s’est accru de 9 % au cours de l’année 2011 en Haute-Loire, contre une hausse de 5,6 % en moyenne nationale. Et ce ne sont pas les derniers événements en date du côté d’Yssingeaux qui risquent d’inverser la courbe.


Lejaby-licenciements.jpg Crédit photo AFP/OF

 

Au dernier jour de l’année 2011, 7 738 demandeurs d’emploi de catégorie A (sans aucune activité) étaient inscrits auprès de Pôle emploi en Haute-Loire. Soit 43 chômeurs supplémentaires en un mois (+0,6 %) et 636 de plus en un an (+9 %). (...)

 

On notera également que la hausse annuelle de 9 % dans le département corrobore finalement le chiffre que nous avions donné à l’automne dernier. À savoir que depuis le début de la crise, en 2008, le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A a augmenté de 27 % en trois ans. Soit une moyenne de 9 % par an. (...)

 

 

Dans le détail de la catégorie A, on s’aperçoit que les femmes ont payé un plus lourd tribut en 2011, avec une hausse de leur nombre de 10,1 %, contre 7,8 % pour les hommes (à 50 personnes près, on compte désormais autant d’hommes que de femmes inscrites à Pôle emploi en catégorie A). En prenant le critère de l’âge, les 50 ans et plus ont vu leur nombre augmenter de près de 20 % au cours de l’année. Quant aux chômeurs de longue durée (1 an et plus), il a varié à la hausse de 9,6 %. (...)

 

Article de James Taffoirin / Source Pôle emploi Auvergne paru dans Le Progrès

Edition du jeudi 26 janvier 2012

Publié dans : Social
Mercredi 25 janvier 3 25 /01 /Jan 19:30

 

progresfr.gifLa Confédération paysanne veut des campagnes vivantes et des paysans nombreux

 

Les récents propos sur le recensement agricole tenus par Gilbert Bros, président de la chambre d’agriculture, ont fait bondir le bureau de la Confédération paysanne. Hier, ce dernier a pris la parole pour exprimer sa vision. Si on s’accorde sur les chiffres, on n’est pas d’accord sur l’analyse que seulement 1 500 ont de l’avenir : « Ce triste constat est bien le résultat de la politique agricole menée depuis des décennies par nos gouvernements avec le syndicat majoritaire. Ces mêmes qui acceptent le fait que prochainement seulement 1 500 exploitations perdureront. Rappelons à certains dirigeants que le chiffre d’affaires d’une exploitation n’a rien à voir avec le revenu disponible de celle-ci. On nous répète constamment qu’il faut investir toujours plus, produire toujours plus, afin d’avoir le meilleur revenu. Mais malgré les investissements, le revenu des éleveurs n’est pas au rendez-vous. C’est un scandale. Ne pas défendre toutes les fermes du département revient à ne pas défendre tous les agriculteurs. »

 

confederation-paysanne-haute-loire-jean-yves-douix-olivier-.jpg

Crédit photo : Christophe Teyssier

 

Et la Conf’de proposer la voie d’un travail rémunéré en mettant l’accent sur une meilleure répartition des marges entre paysans, industriels et les grandes et moyennes surfaces, l’interdiction de vente à perte, la maîtrise des coûts, le maintien, le renforcement et l’amélioration des outils de régulation, la maîtrise des volumes produits, la répartition des subventions par actif et le plafonnement de celle-ci dans un souci d’équité.

 

Autre carte, celle de la qualité. « Au lieu de déplorer comme certains que 46 % des terres agricoles n’ont jamais reçus de pesticides, voyons cela comme un atout face des consommateurs qui souhaitent manger des produits de qualité », en soulignant que la Haute-Loire ne sera jamais compétitive pour l’agriculture industrielle face à des régions ou des pays de plaine au climat plus favorable. « Si de meilleures conditions économiques sont mises en place, les jeunes s’installeront. Notre projet n’est pas d’éliminer les trois quarts des agriculteurs, mais au contraire être nombreux à vivre décemment de notre métier, ne plus se retrouver seul dans nos villages, refaire naître du lien social et de la solidarité ».

 

Article de Christophe Teyssier paru dans Le Progrès

Edition du mercredi 25 janvier 2012

Publié dans : Agriculture
Mardi 24 janvier 2 24 /01 /Jan 10:41

 

logo_Montagne.gifWissam El-Yamni n'a pas succombé à la drogue ni à l'alcool

 

La mère de Wissam El-Yamni pleure, le 14 janvier 2012 à Clermont-Ferrand, lors d'une manifestation de près de 2.000 personnes pour réclamer "justice" et "vérité" dans l'affaire Wissam El-Yamni dont la mort, suite à son interpellation, a suscité plusieurs nuits de tension cette semaine et une forte colère contre la police.


L'autopsie de Wissam El-Yamni, mort à la suite de son interpellation à Clermont-Ferrand la nuit de la Saint-Sylvestre, n'a pas permis à ce stade de déterminer les causes de sa mort, qui a pu résulter de possibles gestes violents de policiers, a-t-on appris lundi de source proche du dossier. Le pré-rapport d'autopsie ne livre aucune conclusion définitive mais envisage une cause possible, celle de gestes violents qu'aurait subis l'homme de 30 ans lors de son transport au commissariat, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, a précisé la même source.

 

Wisover.JPEGCrédit photo : Thierry Zoccolan

 

Wissam El-Yamni n'a pas succombé à une surdose ou du fait de son imprégnation d'alcool. Des analyses complémentaires sont en cours, qui prendront plusieurs semaines, sur les gestes des policiers ou encore sur un éventuel problème cardiaque. Interrogé, l'avocat de l'épouse de M. El-Yamni, Me Jean-Louis Borie, a estimé que des investigations complémentaires étaient nécessaires "pour établir si les policiers ont effectué les gestes techniques professionnels d'intervention habituels, ou s'ils ont eu recours à des violences illégitimes". "Nous devons vérifier la véracité du déroulement des faits tel que relaté par les policiers dans leurs dépositions", a-t-il ajouté. Le chauffeur routier est mort neuf jours après être tombé dans le coma à la suite d'un malaise cardiaque lors de son interpellation. L'affaire a provoqué plusieurs nuits de tension à Clermont-Ferrand et une forte colère contre la police.

 

Une information judiciaire pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l'autorité publique" a été ouverte. Deux policiers, actuellement en congés, sont visés dans cette affaire. Le parquet de Clermont-Ferrand n'a pas souhaité faire de déclaration dans l'immédiat.

 

Article AFP paru dans La Montagne

Edition du 23 janvier 2012

Publié dans : Sécuritaire
Lundi 23 janvier 1 23 /01 /Jan 14:58

 

progresfr.gifLes salariés de Lejaby Yssingeaux envoient une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy

 

La mobilisation se poursuit à Yssingeaux. Les salariées de Lejaby ont voté ce matin, l’occupation de l’usine et, dans la foulée, écrit une lettre ouverte au président Sarkozy. Elles y font part de leur indignation.

 

lejab-let.jpgCrédit photo : Isabelle Devoos

 

 

"Monsieur le Président,

 

Nous avons décidé, nous les 93 salariés de l'entreprise LEJABY à Yssingeaux en Haute-Loire de nous adresser à vous pour vous faire part de notre indignation.

 

Nous allons recevoir toutes et tous, nos lettres de licenciement après des dizaines d'années de travail au rendement pour des salaires voisins du SMIC. Nous sommes victimes des délocalisations des productions et de la recherche permanente de la baisse de la rémunération du travail.

 

Pour nous, le licenciement signifie, non seulement, la précarisation et l'angoisse mais aussi la marche inexorable vers les minima sociaux. Et nous avons bien conscience que nous ne sommes pas les seuls. Notre situation est semblable à des centaines de milliers de nos compatriotes.

 

Nous ne l'acceptons pas pour nous, nos familles et notre territoire.

 

Nous refusons cette perspective qui conduit à toujours plus de chômage et toujours moins de salaire!

 

Nous refusons les licenciements et voulons continuer à gagner notre vie en travaillant. Pour cela, nous demandons le redémarrage de notre atelier et la ré-industrialisation du site.

 

Beaucoup d'entre-nous ont plus de 35 ans d'ancienneté. Nous préférons être préretraités plutôt que chômeurs ou percevoir le RSA. Nous demandons donc la mise en place d'une préretraite à 55 ans, surtout à un moment où notre jeunesse est sans emploi.

 

Après une vie de travail, le chômage c'est la précarité. Au lieu de primes de licenciement dérisoires, nous voulons une prime de licenciement à la hauteur de la prime précarité, soit 10 % de nos salaires travaillés.

 

Unis et solidaires, nous attendons des réponses concrètes, pas des promesses, ni des discours.

 

Nous resterons mobilisés jusqu'à la réponse à ces exigences. Notre détermination est à la hauteur de notre colère contre l'injustice qui nous est faite. Et c'est un devoir de s'opposer à l'injustice.

 

En espérant être entendus, recevez nos salutations respectueuses."

 

Article d'Isabelle Devoos paru dans Le Progrès

Edition du lundi 23 janvier 2012

 

Cliquez ici pour accéder à la lettre des salariés à Nicolas Sarkozy et au gouvernement (version .pdf)

Publié dans : Social
Dimanche 22 janvier 7 22 /01 /Jan 10:22

 

logo-zoomdici Pollution de la Loire : le groupe Total condamné

 

Mardi 17 Janvier, le groupe pétrolier Total a été jugé coupable de pollution de l'estuaire de la Loire. Il a été condamné à verser une amende de 300 000 euros.

 

total-pollution-loire.jpeg Rappel des faits

En mars 2008, un incident est survenu à la raffinerie de Donges, dans l’estuaire de la Loire.

500 Tonnes de fuel lourd se sont alors échappées d’une canalisation rouillée de la raffinerie Total. Le fuel ainsi déversé s’est répandu dans le milieu très fragile de l’estuaire de la Loire et ce jusqu’à l’océan Atlantique. 4 Mois avaient été nécessaires pour nettoyer les 90 kilomètres de berges et de côtes souillées.

 

La raffinerie Total jugée

En Octobre dernier, une amende de 300 000 euros avaient été requise par le Parquet contre la raffinerie Total, jugée entre autres pour négligence en matière de prévention des risques.

Mardi 17 Janvier, le tribunal correctionnel de Saint Nazaire a jugé coupable l’entreprise Total pour pollution de l’estuaire de la Loire et l’a condamné à verser 300 000 euros d’amende.

 

L’association SOS Loire Vivante-ERN France, qui s’était portée partie civile avec des collectivités et d’autres associations dont LPO et FNE, a ainsi obtenu 20 000 euros au titre du préjudice moral. En revanche, toutes les parties ont été déboutées du préjudice écologique. Selon SOS Loire Vivante, « être déboutés du préjudice écologique marque un recul par rapport au jugement de l’Erika ».

Les parties civiles disposent d’un délai de 10 jours pour faire appel.

Publié dans : Ecologie
Dimanche 22 janvier 7 22 /01 /Jan 00:00

 

Toute la gauche de Haute Loire solidaire des LEJABY !

 

Le PS, EE les Verts, le Front de Gauche (FASE, GU, PG, PCF), et le NPA partagent l'indignation des salariées de LEJABY après l'annonce de la fermeture de leur entreprise. Ils appellent à la solidarité active avec les 93 ouvrières et employées du site d'Yssingeaux, qui mènent depuis plusieurs mois une lutte exemplaire.

Ils dénoncent le cynisme du gouvernement qui prétend vouloir s'attaquer au chômage mais n'a rien fait pour sauver LEJABY.

Ils dénoncent la passivité du ministre Wauquiez qui a laissé la situation de l'emploi se détériorer dans l'Yssingelais et dans le reste de la Haute-Loire.

Les partis de gauche soutiennent les revendications des salariées de LEJABY exprimées lors de leur assemblée générale.

Ils s'associeront aux initiatives décidées par les travailleuses et leurs syndicats.

Ils s'engagent à populariser la lutte des LEJABY auprès de la population.

Un emploi pour tous les LEJABY ! Toutes et tous aux côtés des LEJABY !

Publié dans : Social
Jeudi 19 janvier 4 19 /01 /Jan 20:27

 

npa avatar Communiqué du NPA, jeudi 19 janvier 2012
Les salariés de Lejaby sacrifiés par le tribunal de commerce de Lyon

 

Sinistre coïncidence : le jour de la comédie du sommet social, le tribunal de commerce de Lyon actait la fermeture de Lejaby, entrainant le licenciement de 255 salariés, la fermeture de l'entreprise d'Yssingeaux. Le repreneur désigné, Alain Prost, ne fait pas mystère de sa volonté d'achever la délocalisation en Tunisie de la totalité de la fabrication. Auparavant, les actionnaires américains qui s'étaient succédé avaient fermé sept sites de production licencié 400 salariés.


 


Avec Yssingeaux fermé c'est 93 salarié-e-s qui sont à la rue dont 90 sont des femmes. Ils et elles ont fait toute leur carrière chez Lejaby et leur espoir de retrouver un travail est quasi nul.

 

Le NPA est révolté par ce véritable massacre de l'emploi et partagent la rage et la colère des salariés de Lejaby.

 

L. WAUQUIEZ et X. BERTRAND essayent d'estomper la responsablité des pouvoirs publics et du gouvernement en déclarant notamment que les licenciés auront un an de salaire garanti, exactement 80% du salaire net. Mais c'était déjà prévu et rien ne remplace un emploi perdu.

 

A Yssingeaux, le personnel entend occuper l'entreprise.

Le NPA est totalement solidaire des actions menées par les salariés de Lejaby pour protester contre la liquidation décidée par le tribunal de Lyon et la délocalisation de la production.


Lire le texte de la motion votée par les salariéEs

Publié dans : Social
Mercredi 18 janvier 3 18 /01 /Jan 20:57

 

progresfr.gif« On se laissera pas faire ! »

 

Hier, le tribunal de commerce de Lyon a choisi de confier les rênes de l’entreprise Lejaby au consortium Prost-Bugnon. Une décision qui sonne le glas de l’usine d’Yssingeaux et annonce la délocalisation en Tunisie.

 

« Malheureusement c’est le consortium Prost-Bugnon qui a été choisi ». Il est 17 heures passées quand Bernadette Pessemesse, déléguée syndicale CGT de Lejaby à Yssingeaux, annonce la nouvelle à ses collègues. Cela fait plus de trois heures qu’elles font le pied de grue devant le n° 34 du boulevard de la République au Puy-en-Velay, adresse de la permanence du ministre Laurent Wauquiez et du député Jean-Pierre Marcon. Elles sont à bout. La nuit de lundi à mardi, une cinquantaine a dormi à l’usine. Mardi, plus de quatre-vingts ont vécu une journée éprouvante à Lyon. Hier, elles avaient débuté la journée par une manifestation dans la sous-préfecture d’Yssingeaux et menacé d’entamer une grève de la faim. Jusqu’au bout elles ont lutté.


 

L’annonce de la reprise de Lejaby par le repreneur qui leur était le moins favorable, a eu l’effet d’une bombe. « Hypocrites ! ». « Salauds ! » « C’est pas possible. Après 36 ans à bosser pour eux ». « Qu’est-ce qu’on va devenir ? Y’a rien à Yssingeaux. On est mort ! ». « On en veut à Wauquiez, il aurait dû se bouger avant. On va se charger de ce qui reste dans l’usine. On couche à l’usine ce soir ». « On va dérégler les machines. Il faut qu’on descende à l’usine. On ne peut pas reporter à demain ». « On y fout le feu. On ne leur laisse rien. On a laissé bouillir la cocotte-minute trop longtemps. Elle explose ».

 

Jacqueline s’est mise à l’écart pour appeler sa famille : « On est tous virés. Ça y est, c’est fini » explique-t-elle la voix cassée. Elle ne tient pas en place. Sur le trottoir en face, ses collègues pleurent, crient, témoignent de leur amertume devant les caméras et les micros des journalistes. Marie-Claude s’emporte, le visage rougi par les larmes : « J’ai trente-deux ans de Lejaby. Trente-deux ans à trimer . C’est dur de se faire jeter comme ça ». « On ne va pas se laisser faire, lâche une autre ouvrière. On ne peut pas accepter 93 licenciements sans rien dire ». D’autres se serrent dans les bras : « Il faut qu’on garde nos bons souvenirs. On en a plein».

Cela faisait deux jours qu’elles attendaient la décision du tribunal de commerce. Le couperet est tombé. Le dernier site de production Lejaby en France ferme ses portes. À Yssingeaux, 93 personnes – 90 femmes et trois hommes – viennent de perdre leur emploi.

 

 

Bernadette Pessemesse tente de calmer les esprits : « Je retiens que les politiques ne nous ont pas aidés à sauver l’emploi à Yssingeaux et n’ont pas soutenu l’offre de Lazare Selame, Pdg de la PME Canat. Ils auraient pu s’y prendre une semaine avant pour contacter les repreneurs. Notre gouvernement crie haut et fort qu’il faut acheter français. Mais pour cela il faudrait d’abord produire « made in France». On peut afficher notre colère d’avoir une entreprise qui a ouvert en décembre 1973 à Yssingeaux, et qui ferme en janvier 2012. C’est horrible. C’est intolérable. C’est encore une entreprise de Haute-Loire qui s’en va. On ne peut plus faire confiance à des politiques comme on les a chez nous. On a déjà été humilié par celui qui va reprendre cette entreprise. Et aujourd’hui, on laisse partir le savoir-faire français. »

 

Raymond Vacheron de l’Union départementale CGT enchaîne : « Il faut être fort. C’est le pire scénario qui nous tombe dessus. Ce soir on fait le point à l’atelier mais on n’occupe pas l’entreprise. Chacun va rentrer chez soi».

 

Une assemblée générale est programmée aujourd’hui.

 

Article de Isabelle Devoos paru dans Le Progrès

Edition du jeudi 19 janvier 2012

Publié dans : Social
Mercredi 18 janvier 3 18 /01 /Jan 16:39

 

progresfr.gifLa CGT Michelin de Blavozy interpelle le ministre Laurent Wauquiez

 

En marge du sommet social, dans un courrier adressé au ministre, le syndicat CGT Michelin de Blavozy a souhaité faire entendre la voix des Bibs. « La situation que vit la majorité des salariés de l’entreprise est totalement différente des belles paroles que vous employez, notamment pour les personnels de fabrication soumises à la production. » […] « Les salariés que nous représentons, ouvriers et employés classés au bas de l’échelle sociale, ont été et sont encore durement éprouvés par la politique menée par le gouvernement auquel vous appartenez. » […]

 

Manif 24Crédit photo : Archives - Claude E.

« Le fossé entre riches et pauvres ne cesse de s’agrandir avec la politique anti-sociale que vous menez, et dont on mesure aujourd’hui toute l’étendue des dégâts, comme en atteste la dégradation de la note de la France au niveau mondial. Cette classe sociale continue à se lever, mais aussi à se coucher tôt, pour gagner ce qui ne lui permet plus de vivre décemment dans une entreprise du CAC 40 qui, elle, fait des milliards de bénéfices. »

 

« Pour apporter un changement et une amélioration des conditions de vie et de travail, la CGT revendique que soit menée une politique visant à encourager la reprise de l’activité économique par, notamment, l’augmentation des salaires, la redistribution des richesses à ceux et celles qui les produisent, une vraie politique d’embauche avec des emplois stables, la retraite à 60 ans et la prise en compte de la pénibilité par des départs anticipés à taux plein. »

 

Article paru dans Le Progrès

Edition du mercredi 18 janvier 2912

Publié dans : Social

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