Jeudi 24 novembre
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Des chômeurs de plusieurs régions ont fait le point sur leurs conditions de vie
Quelques véhicules stationnés sur la place, des pancartes, des banderoles, de la musique, voilà pour le décor. La caravane des privés d’emploi est arrivée dans la
ville préfecture en début de matinée, hier.
Crédit photo : Le Renouveau
Aussitôt les délégations de chômeurs venus de plusieurs départements, soit une quarantaine de personnes, sont allées à la rencontre d’autres privés d’emploi, place
du Breuil et à Pôle emploi, pour leur proposer de remplir un « budget mensuel de vie », en mentionnant le revenu dont ils auraient besoin pour vivre dignement. Une opération qui s’inscrit dans la
campagne nationale lancée par les privés d’emploi CGT et dans le cadre de la campagne sur les salaires initiée par l’organisation depuis quelques mois. « L’idée, c’est de faire remplir aux privés
d’emploi un questionnaire, pour leur demander leur situation. On constate que des cases ne sont remplies, certains n’ont pas de budget pour la santé, la culture ou les loisirs. La campagne a été
lancée le 6 juillet de Longwy, un endroit où il y a un fort taux de chômage », précise Jean-François Kiefer, secrétaire général du comité national CGT des privés d’emploi. Depuis, une soixantaine
de villes ont été visitées et d’autres sont programmées au moins jusqu’en janvier. Tous les questionnaires remontent au comité national qui procédera à une analyse qui servira pour peser dans de
futures négociations. « Pour l’heure, nous avons recueilli 3 000 budgets de vie, en sachant que des centaines vont encore remonter. On est un peu victime de notre succès. Nous devions arrêter le
3 décembre à l’occasion de la manifestation national des chômeurs, mais des tas d’initiatives se sont programmés. Donc on va peut-être poursuivre jusqu’à début février ».
Si la caravane est venue au Puy-en-Velay, c’est aussi pour exposer ses revendications à Laurent WAUQUIEZ, l’édile ponot, ministre de l’Enseignement supérieur. « Nous
voulons mettre l’accent sur la défense de l’emploi. Quand il est perdu, on se retrouve dans ce problème de précarité. On combat les propos du ministre-maire qui, comme tout le gouvernement,
stigmatise les précaires. Il a assimilé le RSA à de l’assistanat, parlé de cancer de la société. On veut un emploi décent, pas des miettes. Le cancer de la société, il est ailleurs, dans les
heures supplémentaires. Les vrais assistés ce sont les patrons », souligne Pierre Marsein, de l’UD CGT.
Crédit photo : Christophe Teyssier
Sarah Thouemont à 29 ans et réside à Nimes. Animatrice, guide de randonnée pédestre et VTT et sculpteur sur bois, elle est au chômage depuis plusieurs années, « je
fais des petits boulots, je vis le sous-emploi », explique-t-elle. Le comité des privés d’emploi, elle y est entrée dès sa création. « J’ai parcouru une bonne partie de ma région, Marseille,
Montpellier, Lunel, Alès… On a bien bougé. On est hébergé chez les militants, par les municipalités. A un moment, j’ai été outrée par les déclarations des hommes politiques. Je veux qu’on se
fasse entendre. Dans ce pays, on crève la gueule ouverte. J’ai été maltraitée par Pôle emploi, j’attends de toucher mes allocations chômages, mais rien ne vient. Au lieu de combattre le chômage,
on combat les chômeurs ».
Article de Christophe Teyssier paru dans Le Progrès
Edition du jeudi 24 novembre 2011