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Agriculture

Mercredi 1 juin 3 01 /06 /Juin 19:17

 

logo bastamagLactalis : ces contrats laitiers qui asservissent les paysans

 

Le 1er juin, Lactalis, géant de l’industrie laitière, assigne au tribunal un paysan qui a osé s’opposer à l’entreprise. La domination des industriels du lait sur toute la filière risque encore de s’aggraver avec la signature obligatoire de « contrats » entre producteurs et industriels. Des contrats iniques, avec des clauses anti-grève, et qui entraînent une dépendance totale des agriculteurs. De véritables « contrats de servage », dénoncés par les syndicats et critiqués par le ministre de l’Agriculture.


confederation_paysanne_lactalis-saint-etienne-2.jpgCrédit photo: Zoom42

 

57 jours de mobilisations laitières en 2009. Une grève que le géant Lactalis, 3e groupe laitier mondial, n’a pas apprécié. Le 1er juin, la Confédération Paysanne de la Loire et son ancien secrétaire général, Philippe Marquet, comparaîtront devant le Tribunal de Saint-Étienne. Motif ? « Au plus fort du mouvement de la grève du lait, le 17 août 2009, nous avions bloqué l’entrée du site de l’usine Lactalis, à Andrézieux-Bouthéon dans la Loire, et empêché la première équipe des salariés d’entrer le matin », se souvient Philippe. À l’époque, de gigantesques opérations d’épandage de lait se multiplient, en France et en Europe, pour dénoncer l’effondrement du prix du lait. Lactalis, qui collecte 22% du lait produit en France, est une des cibles privilégiées de la contestation.

 

Deux ans après ce mouvement, la situation n’a guère changé. « Avec plus d’un suicide de producteur par jour, souligne Blandine Devret-Odouard, porte-parole de la Confédération paysanne de la Loire, comment peut-on dire que la profession va mieux ? » Le producteur continue d’être payé aux alentours de 32 centimes le litre de lait, pour un coût de production d’environ 40 centimes. La filière laitière demeure pourtant rentable pour quelques-uns : le propriétaire de Lactalis, Emmanuel Besnier, possède la 16ème fortune de France, estimée à 2,2 milliards d’euros en 2009. Elle a augmenté de 13% en 2010. Propriétaire d’une quarantaine de marques, comme les fromages Président ou Roquefort Société, le lait Lactel, les crèmes Bridélice et le beurre Bridel, Lactalis pèse de tout son poids sur le secteur laitier.

 

« Un contrat de servage »

 

Cette situation inégalitaire risque de se renforcer. La fin des quotas laitiers en 2015, sous l’impulsion de la Commission européenne, accélère la libéralisation de la filière. Résultat ? Une disparition programmée des exploitations. « La concentration des élevages a fait disparaître 50.000 fermes laitières depuis 1995, sans permettre l’amélioration du revenu de ceux qui sont restés », rappelle la Confédération Paysanne. En remplacement des quotas : la « contractualisation ». Un système validé par le Loi de modernisation agricole en 2010, sous l’impulsion du ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire. (...) Lire la suite

 

Article de Sophie Chapelle paru sur BastaMag

Edition du lundi 30 mai 2011

Publié dans : Agriculture
Mercredi 1 juin 3 01 /06 /Juin 19:00


logo_zoom.gif Incidents entre CRS et agriculteurs à Saint-Etienne

 

Les CRS ont utilisé des bombes lacrymogènes pour éloigner des membres de la Confédération paysanne ce 1er juin 2011 aux abords du palais de justice de Saint-Etienne peu avant 13 heures.

 

confederation_paysanne_lactalis-saint-etienne.jpgCrédit photo: Claude Essertel


Les agriculteurs tentaient de rejoindre le palais de justice de la ville où se tenait l'audience qui opposait la Confédération Paysanne de la Loire et son ancien secrétaire général, Philippe Marquet, au groupe Lactalis. Une personne a été blessée et 2 autres choquées. Toutes les 3 ont été prises en charge par les pompiers.

 

confederation_paysanne_lactalis-saint-etienne_crs_3.jpgRéunis depuis 10h30 place Jean Jaurès, les manifestants se sont ensuite dirigés vers le Tribunal de Grande Instance de Saint-Etienne en début d’après-midi, accompagnés de tracteurs, de drapeaux, de vaches et de cloches. Arrivés au tribunal, la surprise est de taille pour les agriculteurs, en voyant la rue bloquée par plusieurs CRS. La manifestation dégénère, des barrières sont soulevées et du gaz lacrymogène est jeté sur la foule. "La rue a été bloquée car nous sommes soi-disant de dangereux malfaiteurs, alors que nous voulions juste une prise de parole. Nous sommes face à une violence tout à fait démesurée", s'est indigné Philippe Marquet.

 

Le procès avait commencé en 2009, à la suite du blocage de l’usine Lactalis à Andrézieux-Bouthéon par la Confédération Paysanne de la Loire. Le Groupe Lactalis réclame des dommages et intérêts à hauteur de 14 000 euros à la Confédération Paysanne et à Philippe Marquet. La Chambre Civile du TGI, qui a écouté les deux parties, rendra son jugement le 14 septembre prochain. C’est avec soulagement et un peu plus confiants que P. Marquet et son épouse sont ressortis de l’audience, acclamés par toute la Confédération Paysanne.

 

Article de L. P. paru sur Zoom42

Édition du mercredi 1er juin 2011

 

Publié dans : Agriculture
Vendredi 15 avril 5 15 /04 /Avr 13:59

 

progresfr.gif La Confédération paysane milite pour l’agriculture du XXI e siècle

 

Lors de l’assemblée générale de la Confédération paysanne, plusieurs points sensibles ont été mis en avant. À commencer par la crise des productions d’élevages qui ne permettent « plus à la plupart des paysans d’avoir un revenu décent. » revenu-paysan confAfin de faire face, la Confédération souhaite « un peu plus de courage politique et la mise en place des outils de maîtrise des productions. qui soit associés à des mécanismes de répartition des productions entre régions et entre producteurs afin de maintenir des agriculteurs sur l’ensemble du territoire y compris les zones plus difficiles. » Et de poursuivre : « Il faut un prix de vente de nos produits qui couvre nos charges et nous dégage un vrai revenu. » Pour cela l’observatoire des prix et des marges doit pouvoir fonctionner afin de déterminer clairement les marges faites par les différents maillons de la chaîne de l’agroalimentaire. Ensuite des interprofessions pluralistes dans chaque production doivent fixer un prix avec une réelle évaluation des coûts de production et ainsi interdire la vente à perte.

 

Le syndicat demande également que les « subventions soient mieux réparties, afin de corriger les inégalités de la PAC actuelle, via un plafonnement des aides par actif et l’abandon des références historiques. Nous demandons aussi que les subventions publiques soient données aux exploitations qui sont bénéfiques à l’emploi et à l’environnement, comme c’est le cas pour l’élevage de ruminants en zone herbagère de faible productivité (comme c’est très souvent le cas en Haute-Loire). » Autres sujets abordés, le droit aux congés payés, aux arrêts maladie et le souhait de percevoir une retraite décente.

 

nicolas-brenas-confederation-paysanne-43.jpgEn ce qui concerne la nouvelle PAC, qui est en préparation, la Confédération veut « être là pour faire des propositions et infléchir, voire changer les orientations prises depuis 50 ans. Nous devons pouvoir imposer une nouvelle agriculture, l’agriculture du XXI e siècle ! Une agriculture qui rémunère décemment ses paysans, qui leur offre des conditions de travail acceptables, et qui refasse vivre le tissu social de nos campagnes. »

 

Article paru dans Le Progrès

Edition du mardi 12 avril 2011

Publié dans : Agriculture
Vendredi 8 octobre 5 08 /10 /Oct 21:48

 

logo_zoom.gif La Confédération paysanne passe à l'action au Sommet de l'élevage


Après la Fédération nationale bovine (FNB) qui a mené une action de protestation contre l'absence du ministre de l'agriculture Bruno Le Maire à l'ouvertur edu Sommet de l'élevage à Clermont-Ferrand mercredi, c'était au tour de la Confédération paysanne de faire entendre son mécontentement.


conf-cournon.jpg

Crédit photo: DR/Zoom43

 

"Ils nous traient, ils nous tondent... et en plus ils s'engraissent. Stop !  Des prix pour un revenu ! " C'est sous ce slogan que les membres de la Confédération paysanne ont manifesté au Salon de l'Elevage à Cournon d'Auvergne.
Alors que leurs collègues producteurs laitiers occupent toujours la Maison du Lait à Paris (lire l'article) et que les grévistes de la faim en sont à leur onzième jour de grève, la Confédération paysanne a choisi trois cibles principales au Sommet de l'élevage : la finance, l'industrie agroalimentaire et l'administration. En effet, les militants de la Confédération paysanne ont occupé pendant quelques heures le stand Charal (filiale de Bigard, principal opérateur du marché de la viande), ils ont déjeuné sur celui du Crédit Agricole et dégonflé le ballon de signalisation du stand du ministère de l'agriculture. Par ce geste, ils entendaient dénoncer "la fuite de Bruno le Maire qui n'a pas voulu être présent au Salon de l'Elevage au moment où les éleveurs sont dans la plus grande difficulté".

 

* Les revendications de la Conf'

"Un traitement d'urgence, avec une année blanche pour les annuités d'emprunts, l'aménagement des cotisations sociales, un rattrapage des prix permettant de couvrir les coûts de production ;

La vérité sur les marges … et les pratiques commerciales ;

L'intervention de l'Etat pour équilibrer les rapports de force commerciaux dans les filières entre les producteurs agricoles et les industriels ;

La transparence et la démocratie au sein des interprofessions

De nouveaux objectifs pour une nouvelle politique agricole avec des prix rémunérateurs pour vivre de notre travail ;

La fin des règles absurdes de l'OMC qui favorise la spéculation ; ces règles de concurrence absolue, brutales et déloyales, ne servent que la finance qui en joue pour s'engraisser sur le dos des producteurs et des consommateurs ;

La régulation et l'organisation des productions pour stabiliser les marchés et améliorer la souveraineté alimentaire européenne."

 

Article paru sur Zoom43

Edition en ligne du 8 octobre 2010

Publié dans : Agriculture
Vendredi 17 septembre 5 17 /09 /Sep 15:38

 

logo_zoom.gif Des éleveurs de la Conf'43 occupent la Maison du Lait à Paris

 

Depuis le 8 septembre, la Confédération paysanne occupe la Maison du Lait et réclame le droit élémentaire à pouvoir être représentée comme syndicat agricole dans le collège « producteur » de l'inter-profession laitière alors qu'aujourd'hui seule la FNSEA/FNPL est présente et accepte de signer des prix du lait. Des prix que la Confédération paysanne jugent "catastrophiques pour les éleveurs, les conduisant irrémédiablement à la ruine". Des agriculteurs de Haute-Loire se sont rendus à la Maison du lait à Paris pour soutenir cette action. 

 

maison-lait_conf_43.jpg Crédit photo : La Dépêche

 

Pour la Confédération paysanne, tous les paysans doivent être représentés de manière équitable et entendus, quelle que soit leur appartenance syndicale. Le syndicat prévient qu'il ne quittera la Maison du Lait (42 rue Chateaudun à Paris 9è) que quand il aura obtenu "la place qui lui est due à l'interprofession en tant que syndicat agricole représentatif". Et d'ajouter "la situation économique que vivent les paysans est catastrophique. L'exemple le plus flagrant est ce qui se passe dans la filière laitière. Le dérèglement des outils de maitrise et de régulation des marchés, instauré par la PAC en 2003, amplifié par le lobbying des firmes agro-alimentaires, qui cherchent à indexer les prix du lait sur les cours mondiaux, oblige les producteurs laitiers à toujours plus d'agrandissement, de compétitivité et de productivisme, au détriment de l'environnement et des petites exploitations, avec au final des emplois qui disparaissent."

 

Article paru sur Zoom 43

Edition du 16 septembre 2010

Publié dans : Agriculture
Lundi 1 mars 1 01 /03 /Mars 17:26


logo_zoom.gif Dans un contexte difficile, alors que les salariés de la coopérative se retrouvent dans l'incertitude, la Confédération Paysanne de Haute Loire a tenu à diffuser ce communiqué : Le 01/03/2010

 

"URCVL : on étrangle les paysans, on licencie les salariés !

 

Après de long mois d'inquiétude pour les paysans de l'URCVL, ceux-ci se voient proposer des repreneurs n'offrant qu'une perspective à court terme.

Rien est réglé !

Aujourd'hui c'est aux salariés d'être dans l'incertitude.

Au moment fort de la crise du lait les paysans appelaient la société civile à se joindre à leur mouvement de contestation. A l'heure où ce sont les salariés agricoles d'une coopérative qui se trouvent dans la détresse, nous nous devons de leur apporter notre soutien.

C'est pour cela que la Confédération Paysanne 43 demande que tout soit fait pour que tous les postes soient maintenus.


Les paysans et les salariés sont tous victimes, ne nous laissons pas diviser, défendons nos intérêts communs ".

 

Publié dans : Agriculture
Dimanche 15 novembre 7 15 /11 /Nov 00:32

Agriculture le bluff de trop

 

À Poligny, le 27 octobre, Sarkozy a tenté de détourner la colère du monde agricole. Mais il a laissé percer son mépris pour les paysans.


Sarkozy a apporté des réponses à la crise du monde agricole comme un gouvernement répond habituellement à un aléa climatique. Mais on ne règle pas une crise structurelle avec de simples palliatifs. Cette crise est la conséquence directe d’une Politique agricole commune mise en place au niveau européen et négociée par les différents gouvernements qui se sont succédé depuis trente ans. Sarkozy et son gouvernement portent une lourde responsabilité dans la situation actuelle, ils ont accompagné ces politiques et plaident pour encore plus de libéralisation.

La mesure phare consiste à octroyer des «prêts bonifiés» : les agriculteurs peuvent ainsi emprunter à un taux préférentiel (1% pour les jeunes agriculteurs et 1,5% pour les autres), l’État complétant la différence.


En plus d’un nouveau cadeau pour les banques, la seule perspective qui est donnée aux paysans pour s’en sortir est la fuite en avant dans l’emprunt, l’investissement, l’intensification, la concurrence de tous contre tous. C’est bien là le cœur du problème.


La deuxième mesure prévoit des exonérations de cotisations sociales patronales pour l’emploi des saisonniers, un cadeau supplémentaire pour les patrons de 170 millions d’euros. Et comme pour l’attribution des subventions agricoles : plus on est gros plus on profite.


Les dispositions annoncées par Sarkozy seront inefficaces et injustes : sur le fond rien n’est proposé concernant la nécessaire régulation des marchés agricoles et les paysans travaillant sur de petites fermes n’auront que des miettes.

Pour couronner le tout, Sarkozy saupoudre ces mesures d’une touche de pétainisme et d’un zest de xénophobie : «La France a un lien charnel avec son agriculture, j’ose le mot : avec sa terre. Le mot «terre» a une signification française et j’ai été élu pour défendre l’identité nationale.»


On ne peut plus laisser faire : pour cultiver la terre, il faut la bourrer d’intrants et détruire l’environnement naturel...

Nous ne voulons pas de cette agriculture, nous ne voulons pas de cette bouffe et nous somme déterminés à nous opposer à cette idéologie !

Il faut changer de politique agricole et imposer de vraies mesures d’urgence permettant de bouleverser la donne. Assurer un revenu aux producteurs en maintenant et en améliorant les quotas laitiers : en empêchant la surproduction, on stabilise les prix.

Sortir du système actuel qui subventionne en permanence les plus gros agriculteurs, en plafonnant les subventions par actif et en promouvant les agricultures respectueuses de l’environnement et des besoins sociaux. Il faut sortir l’agriculture du libre échange (de l’OMC) en la relocalisant progressivement : l’agriculture doit remplir sa mission de souveraineté alimentaire, d’aménagement du territoire et de création du lien social dans le monde rural.


Commission agriculture et pêche du NPA.

Publié dans : Agriculture
Mardi 27 octobre 2 27 /10 /Oct 10:09


Crise laitière : la Conf'43 attend l'annonce de pied ferme

 

Ce mardi 27 octobre, Nicolas Sarkozy doit annoncer un plan de mesures globales pour répondre à la crise qui touche actuellement les agriculteurs. En Haute-Loire, la Confédération paysanne a rappelé la condition sine qua non, selon elle, à un rétablissement durable de la filière laitière : une régulation publique de la production au niveau européen.


Crédit photo : Annabel Walker

 

Depuis leur sortie de la réunion au ministère de l'agriculture mardi 20 octobre, les syndicats agricoles attendent de pied ferme l'annonce du président de la République que Bruno Le Maire, leur ministre de tutelle, leur a promis cette semaine. Pour la Confédération paysanne de Haute-Loire, seule une régulation de l'offre et de la demande européenne par les pouvoirs publics permettra aux producteurs de lait de vivre de leur travail. "Ce serait moins coûteux pour l'Etat que les subventions, et donc pour les contribuables, souligne Marie-Christine Brutus, élue à la chambre de la Confédération paysanne 43, on en a marre d'être considérés comme des assistés".


Des subventions, la Commissaire européenne à l'agriculture, Mariann Fischer Boel, vient d'en annoncer de nouvelles, soit 280 millions d'euros pour les producteurs laitiers des pays membres, précisant qu'elle venait là de tuer la poule aux œufs d'or. "Si on calcule ça fait à peine 1 000 euros par exploitation, s'exclame David Chamard, laitier à Saint-Christophe-sur-Dolaizon, ce que nous attendons c'est que Nicolas Sarkozy convainque tous les pays européens d'abandonner le libre-échange international". Aujourd'hui, 21 des 27 États membres se déclarent favorables à une régulation du marché laitier, il en reste dont six à persuader.


Inégalités


Mais encore faut-il savoir ce que l'on entend par régulation publique. Ce qui est sûr pour la Conf' c'est que "les quotas on a vu leurs limites, rappelle François Barjon, le nouvel animateur de la Conf'43, ils ont créé des fossés entre les exploitations et écrit dans le marbre les inégalités". Pour le syndicat, les quotas ne permettent que de gérer la surproduction pour aider à stocker le lait et à l'exporter sous forme de poudre ou de beurre.


Quant aux propositions de la FNSEA, le principal syndicat agricole, la Conf' les trouve frileuses : "des exonérations de cotisations à la Mutualité sociale agricole ou de taxes sur le foncier non bâti, ça ne mène pas loin, remarque Marie-Christine Brutus dubitative, et l'année blanche sur les charges ne ferait que reporter les crédits bancaires à l'année suivante". Si aujourd'hui la FNSEA commence à parler de régulation publique, Marie-Christine Brutus remarque qu'il n'en était fait aucune mention sur le tract du syndicat majoritaire lors du Sommet de l'élevage à Cournon d'Auvergne début octobre.


Reconversion


Récemment le président de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire, Gilbert Bros, a dressé un bilan peu optimiste du devenir des exploitations laitières dans le département. Selon lui, 50% des fermes altiligériennes pourront passer le cap de la crise laitière, 25% ont une chance et 25% doivent envisager une reconversion, avec l'aide de la Chambre d'agriculture. C'est un raisonnement que réfute catégoriquement la Conf'43 :"il y a de la place pour tout le monde, rétorque avec émotion Nicolas Brenas, ce n'est qu'avec une agriculture paysanne sur tout notre territoire que nos campagnes resteront vivantes".


Ce mardi, Nicolas Sarkozy devrait annoncer un allègement des charges pour 2009, des possibilités d'emprunts pour la trésorerie à taux préférentiels ou encore un plan d'accompagnement des exploitations en difficulté. Pour la Conf'43, ces mesures d'urgence n'auront de sens que si elles sont accompagnées d'une refonte en profondeur de la politique agricole.


L'Interview de Nicolas Brennas, laitier à Arlempdes. Pour lui, tous les exploitants doivent être solidaires :


Article de Annabel Walker paru dans le Progrès
Edition du mardi 27 octobre 2009

Publié dans : Agriculture
Mardi 7 juillet 2 07 /07 /Juil 08:30

Une « caravane du lait » contre la suppression des quotas

Partis de la place du Breuil, hier matin, les agriculteurs de la Confédération paysanne espèrent rejoindre Strasbourg, le 14 juillet.

« Nous voulons dénoncer le manque d'intérêt des politiques européens pour la production laitière et le monde agricole », explique un représentant.


Crédit photo : Romain Brusc pour Le Progrès


Une date symbolique car le nouveau Parlement européen tiendra, ce jour-là, sa première session de travail après les élections européennes.

Deux autres « caravanes du lait » ont pris la route depuis la Manche et le Finistère.

Celle des agriculteurs de Haute-Loire s'est dirigée vers Saint-Paulien, Craponne-sur-Arzon et Usson-en-Forez, où la Confédération paysanne de la Loire a pris le relais. Dans l'œil du cyclone : les quotas laitiers que Bruxelles envisage de supprimer.


19/20 France 3 Auvergne - 6/07/09 [20s]

« Les commissaires européens veulent réguler les marchés. Cela devrait aussi s'appliquer à notre secteur », s'emporte une agricultrice.

Une pétition a été lancée par la « caravane du lait » contre la libéralisation du marché du lait.

A l'heure où le prix des 1 000 litres a chuté d'environ 100 euros en neuf mois, la Confédération paysanne exige des mesures fortes : une meilleure répartition des aides, le maintien des outils de transformation (NDLR : l'usine Via Lacta est en attente d'un repreneur), la garantie du revenu des paysans.


Article paru dans Le Progrès
Edition du mardi 7 juillet

Publié dans : Agriculture
Jeudi 11 juin 4 11 /06 /Juin 16:10

"Un nouvel accord laitier sinon c'est la grève du lait à l'échelle européenne"

Ce jeudi 11 juin, trois syndicats de producteurs laitiers se sont réunis devant la préfecture de Haute-Loire à l'appel de la Confédération paysanne. Une délégation a été reçue par le préfet, sans succès.

L'Association de producteurs de lait indépendants (APLI), la Coordination rurale et la Confédération paysanne refusent l'accord sur le prix du lait conclu le 3 juin à Paris. Ils réclament une nouvelle négociation, cette-fois avec tous les syndicats, sans quoi ils menacent d'une grève du lait à l'échelle européenne.

"En ce moment, je perds 100 euros par tonne de lait." Sébastien Béraud, de l'Association de producteurs de lait indépendants (APLI), tient une exploitation à Saint-Paulien. Il produit 2 000 litres de lait par jour. "Je perds donc 200 euros chaque jour que je travaille", calcule-t-il. Et son confrère de l'APLI, Thierry Ceccato, de s'exclamer: "je croyais qu'on n'avait pas le droit de vendre à perte!"


Sur les grilles de la préfecture la Confédération paysanne a attaché une bâche. On peut y lire "les paysans veulent vivre". A côté, un petit veau porte sur son dos une pancarte: "Lemétayer m'a tué". Jean-Michel Lemétayer, le président de la FNSEA, fait partie des leaders agricoles qui ont négocié l'accord national sur le prix du lait le 3 mai dernier à Paris. Un accord qui fixe à 280 euros maximum la tonne de lait payée aux agriculteurs en moyenne sur l'année. Un prix inacceptable pour les trois syndicats présents ce jeudi place du Breuil qui font remarquer que le simple coût de production s'élève déjà à 348 euros la tonne, selon les données de l'Office de l'élevage. "Et encore, c'est un chiffre pour des exploitations de plaine, précise l'un des manifestants, chez nous, en montagne, ça coûte plus cher."

Maîtrise de la production

Au nom de la Confédération paysanne, Nicolas Brenas, éleveur sur le canton de Pradelles, exige "la reprise immédiate des négociations interprofessionnels en invitant autour de la table l'ensemble des syndicats". Pour lui, le ministre de l'agriculture, Michel Barnier, a oublié l'essentiel: la maîtrise de la production, soit la nécessité de quotas laitiers. Quotas que la Commission européenne augmentent d'année en année jusqu'à leur suppression.


Crédit photo : Haute-Loire Infos

 

Seuls syndicats agricoles absents ce jeudi devant les grilles de la préfecture: la FDSEA et les Jeunes agriculteurs. Pour Hervé Morainville, le directeur de la FDSEA43, il est inutile de demander une nouvelle négociation car, pour lui, "on est allé jusqu'au bout". Le syndicat majoritaire ne se satisfait pas des 280 euros la tonne de l'accord: "nous en demandions 290, rappelle-t-il, mais les industriels en proposaient 220 au départ". Pour lui c'est plus un accord politique qu'autre chose.

 

La FDSEA et les Jeunes agriculteurs ont consulté les laiteries du département cette semaine. Résultat: "apparemment elles jouent le jeu", confie Hervé Morainville. Les deux organisations avaient posé leur condition: pas plus de 55 euros de baisse pour 1 000 litres par rapport à l'année dernière pour le mois de mai. Aucune action n'est donc prévue contre les laiteries altiligériennes pour l'instant.

Jeter le lait

En revanche, la FDSEA43 participe au blocage de deux plateformes d'approvisionnement des chaînes Intermarché et Leclerc à Moulins, dans l'Allier, depuis ce mercredi. Dès vendredi, une cinquantaine d'agriculteurs altiligériens relaieront leurs confrères de l'Allier et de la Nièvre. L'action dénonce les marges de la grande distribution sur tous les produits agricoles, pas seulement le lait. Objectif: obtenir un vrai observatoire des marges car jusqu'ici la DGCCRF (Direction Régionale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) n'aurait pas accès à toutes les données.


Crédit photo : Annabel Walker


Mais pour l'APLI, bloquer les centrales d'achat des grandes surfaces ne résoudra rien. "Les supermarchés feront venir du lait de l'étranger", déplore Sébastien Béraud. Et d'ajouter, "la seule solution maintenant c'est la grève du lait. Bien que ça me crève le cœur de jeter mon lait, mais c'est ça ou la corde au cou!" L'APLI représente 2 000 exploitants en France, 130 000 dans toute l'Europe, soit 40% de la production du continent. Courant juillet, elle promet huit jours de grève du lait à l'échelle européenne.

 

Article de Annabel Walker paru sur Zoom 43
Edition en ligne du 11 juin 2009



Lire la contribution de la commision "pêche et agriculture" du NPA
Crise du lait, le prix de la dérugulation
Publié dans : Agriculture

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