Les salariés de Marrazi dans l'impasse
Soutenu par les élus du canton de Paulhaguet, les employés de Marrazi sont venus manifester ce vendredi après-midi devant la préfecture du Puy-en-Velay. Pour les 115 salariés du site de Couteuges, alors que 30 postes doivent être supprimés, la question de la prime attribuée en cas de départ est plus que jamais d'actualité. Une table ronde avec le préfet, un représentant du personnel et un représentant de la direction de Marrazi était prévue, malheureusement aucun accord n'a été trouvé : chacun campe sur ses positions.
Crédit photo : Maxime Pitavy
Une centaine de manifestants s'étaient donné rendez-vous ce vendredi après-midi devant la préfecture pour exprimer leurs inquiétudes et leur mécontentement. Denis Meynadier, représentant CGT du personnel au groupe Marrazi France s'alarme : "on attrape pas les mouches avec du vinaigre ! Selon l'enveloppe proposée, il y aura peut être quelques départs volontaires, mais pour l'instant, la proposition est indécente et ne peut intéresser les gens. Quand on a passé 20 à 25 ans dans une entreprise et qu'on se fait lourder, qu'on part sur licenciements secs, on peut dire que c'est malheureux. Une colère s'installe… ".
Délocalisation
Marrazi est le leader mondial du carrelage, il représente 80 % des ventes de carrelage en France, c'est-à-dire plus de 130 millions de m2. Dans ce contexte de crise économique mondiale, l'entreprise a de plus en plus recours à la délocalisation. Denis Meynadier constate : "de plus en plus, la production va se faire à l'étranger. Comme dans tout plan social, on propose des emplois, mais pas en Italie ! en Russie ou en Chine, avec des salaires à la mesure de la proposition, c'est-à-dire de 300 € mensuel environ. Donc personne n'acceptera de partir dans des pays aussi éloignés pour des salaires de misère, il faut quand même rester poli ! ".
Crédit photo : Maxime Pitavy
Réunion stérile
Concernant la table ronde avec le préfet, un représentant du personnel et un représentant de la direction de Marrazi, elle n' pas contribué à éclaircir la situation. Chacun campe sur ses positions et aucun accord n'a été trouvé, au grand dam de Richard Didier, préfet de Haute-Loire et médiateur dans cette affaire. Laurent Batisson, délégué syndical CGT, relativise tout de même et veut encore croire en des perspectives d'avenir : "il est prévu une autre réunion fin janvier avec Laurent Wauquiez, date qui correspond à la moitié de la période des départs volontaires, qui ne démarreront pas avant fin décembre".
Quel avenir ?
En attendant, la situation reste tendue et les salariés de Marrazi n'ont pas fini de se faire du souci : l'entreprise italienne est en train de vider l'unité de production française. Alors qu'il y avait encore sept fours en France il y a quelques temps, il ne restera que celui de Paulhaguet demain. "La question qu'on se pose, c'est quel avenir pour Marrazi en France ? Pour l'instant, c'est le brouillard et il y a de quoi être inquiet" martèle le délégué syndical CGT.
Rappelons au passage que le brivadois traverse une crise de l'emploi industriel et qu'il n'y reste pas beaucoup d'industries. Laurent Batisson conclut : "il n'y aura pas de licenciements secs sinon il va y avoir des manifestations et des révoltes, on ne se laissera pas faire, on ne va pas en rester là".
Article de Maxime Pitavy paru sur Zoom 43
Edition du samedi 5 décembre 2009
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Claude E.

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